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Découverte d’une nouvelle espèce de primate en Birmanie (déjà menacée)

Crédits : Thaung Win

Une nouvelle espèce de primate a récemment été identifié en Birmanie. Avec moins de 250 individus dans la nature, elle est malheureusement déjà menacée. Les détails de ces travaux sont publiés dans la revue Zoological Research.

Sous nos yeux depuis un siècle

L’espèce a été découverte pour la première fois dans les arrière-salles du musée d’histoire naturelle de Londres. Il y a quelques mois, des chercheurs du Centre de primatologie allemand (DPZ) et de l’ONG environnementale Fauna and Flora International (FFI) ont en effet mené des analyses génétiques basées sur les génomes mitochondriaux de 41 spécimens. Le but était d’obtenir une image plus large de l’histoire évolutive de la famille des “langur” (Trachypithecus, de son nom scientifique). Il s’agit de petits primates endémiques du sous-continent indien et d’Asie du Sud-Est.

Ces travaux ont permis aux chercheurs de constater que les quatre groupes distincts qui composent cette famille avaient divergé d’un ancêtre commun il y a environ quatre millions d’années. En outre, ils ont découvert que l’un de ces spécimens, recueilli il y a plus d’un siècle en Birmanie britannique, appartenait à une espèce encore inconnue de la science. Des échantillons de matières fécales recueillis dans les forêts du centre du Myanmar ont ensuite confirmé que certains spécimens étaient encore toujours de ce monde.

Nommée “Popa langur”, d’après le volcan éteint sur lequel évolue le plus grand groupe connu de ces primates (une centaine d’individus), cette “nouvelle” espèce existe probablement depuis au moins un million d’années selon l’étude.

Physiquement, ce petit primate, dont le corps mesure entre cinquante et soixante centimètres, présente un ventre gris-brunâtre et blanc avec des mains et des poignets noirs. Sa queue mesure près d’un mètre de long. Enfin, les chercheurs estiment que le spécimen moyen pèse environ huit kilogrammes sur la balance, soit environ deux fois le poids d’un chat domestique typique.

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L’analyse ADN de ce spécimen collecté il y a plus de cent ans a permis la description de cette nouvelle espèce. Crédits : Administrateurs du Muséum d’histoire naturelle

Aussitôt découverte, aussitôt menacée

En revanche, il y a une ombre au tableau. Les chercheurs estiment en effet qu’il reste ne que 200 à 250 individus dans la nature. Aussi, Frank Momberg, de la Fauna & Flora International (FFI), à Yangon, demande à ce que l’espèce directement classée “en danger critique d’extinction”.

Les causes de son déclin sont (malheureusement) assez communes : chasse, dégradation et fragmentation de son habitat naturel causées par l’empiètement agricole ou encore “extraction illégale ou non durable du bois“, conclut l’étude.