Découverte inédite d’un ténia marin fossile piégé dans l’ambre

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Une hypothèse sur la façon dont le ver parasite marin a fini par être conservé dans la résine des arbres. Crédits : Yang Dinghua

Les fossiles de créatures anciennes peuvent parfois susciter autant de perplexité que d’enthousiasme parmi les chercheurs. L’un d’entre eux, qui a été découvert récemment, a attiré une attention particulière : un ténia marin, piégé dans l’ambre depuis des millions d’années. Cette découverte surprenante, réalisée dans l’ambre Kachin du Crétacé moyen au Myanmar, a suscité de nombreuses interrogations quant à la façon dont un parasite marin a pu se retrouver conservé dans la résine d’un arbre.

Un cestode du Crétacé

Le fossile en question est attribué à la classe des cestodes, communément appelés ténias, et daterait de 99 millions d’années. Les cestodes sont des parasites largement répandus, présents dans presque tous les écosystèmes, y compris les environnements marins.

L’ordre spécifique auquel appartient ce fossile est celui des trypanorhyncha qui est connu pour infecter principalement les requins et les raies sous forme de larves. Leur cycle de vie complexe, impliquant deux hôtes et des corps mous, rend normalement leur préservation dans les archives fossiles extrêmement rare. Jusqu’à présent, les seules traces de ces parasites étaient des œufs trouvés dans le coprolithe (excréments fossilisés) de requins.

Ici, l’ambre Kachin (une forme spécifique d’ambre provenant de la région de Kachin, située dans le nord du Myanmar, en Birmanie) aura permis une conservation exceptionnelle des caractéristiques externes et internes du parasite, y compris des détails comme le tentacule et les crochets.

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Le tentacule fossile du ténia comparé à une espèce existante de ténia trypanorhynch. Crédits : NIGPAS

Comment expliquer sa présence ?

En plus du ténia, l’ambre contient également des trichomes de fougère, une nymphe d’insecte et des grains de sable, ce qui suggère un environnement côtier. Ces éléments laissent également penser que le ténia était sur terre au moment où il a été piégé dans la résine, tandis que l’extrémité fracturée du fossile suggère qu’il a été arraché de son hôte.

Les chercheurs proposent une hypothèse sur la façon dont le parasite a pu se retrouver dans cette situation. Ils spéculent que l’hôte du parasite, probablement un requin ou une raie, aurait pu s’échouer sur un rivage sablonneux à la suite de vents violents ou d’un raz-de-marée. Ensuite, l’animal marin aurait été attaqué par des prédateurs terrestres ou des charognards, libérant ainsi le parasite de son intestin avant que celui-ci ne soit piégé dans la résine d’un arbre proche.

La découverte de ce ténia marin piégé dans l’ambre Kachin constitue donc une avancée majeure pour la paléontologie et la compréhension des cycles de vie des parasites anciens. Bien que de nombreuses questions subsistent sur les circonstances exactes de sa fossilisation, cette trouvaille offre un aperçu unique de l’interaction entre les écosystèmes marins et terrestres il y a des millions d’années.

En continuant à étudier ces fossiles rares, les scientifiques espèrent révéler davantage de secrets concernant l’évolution des parasites et leur rôle dans les différents environnements.

Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Geology.