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Les restes d’une supernova gigantesque découverts

Crédits : eROSITA / MPE (rayons X) / CHIPASS / SPASS / N. Hurley-Walker, ICRAR-Curtin

Des astronomes annoncent avoir isolé les restes d’une supernova absolument colossale à moins de 4 000 années-lumière de la Terre. En termes de taille apparente, imaginez un nuage de gaz et de poussière en expansion près de cent fois plus grand que la pleine Lune.

Une supernova, c’est une étoile qui meurt. Deux mécanismes principaux peuvent produire ce type d’événement. Le premier résulte de l’explosion thermonucléaire d’un cadavre d’étoile appelé naine blanche initié par la capture de matière déversée par un compagnon proche (supernova thermonucléaire). Ce processus implique donc deux objets contenus dans un système binaire. Le second résulte de l’implosion d’une étoile massive. On parle alors de supernova à effondrement de cœur).

Qu’il s’agisse de l’une ou de l’autre, le résultat est le même : une explosion cataclysmique libérant une coque en expansion du matériau extérieur de l’étoile qui, pendant un temps, peut briller plus intensément qu’une galaxie tout entière.

Notez que ces événements jouent un rôle majeur dans l’évolution du cosmos. C’est en effet lors de ces explosions que se constituent les éléments les plus lourds qui ensemencent l’univers.

Un rémanent gigantesque

Une équipe d’astronomes dirigée par Werner Becker, de l’Institut Max Planck en Allemagne, annonce avoir isolé les restes de l’une de ces explosions stellaires. Baptisés Hoinga, d’après le nom médiéval de sa ville natale, il s’agit du plus grand vestige de supernova jamais découvert.

« En termes de taille apparente, imaginez un nuage de poussière et de gaz en expansion environ 90 fois plus grand que la pleine Lune« , souligne le chercheur.

Mais alors, comment se fait-il que nous soyons passés à côté pendant tout ce temps ? En réalité, ces restes ne sont visibles que dans les rayons X et uniquement sous l’oeil de l’un des télescopes à rayons X les plus puissants construits à ce jour : eROSITA. Lancé en 2019, vous le retrouverez à bord du satellite russo-allemand SRG.

« Le télescope eROSITA est vingt-cinq fois plus sensible que son prédécesseur ROSAT. Aussi, nous nous attendions à découvrir de nouveaux restes de supernova dans les années à venir, mais nous avons été agréablement surpris d’en voir une aussi rapidement« , a déclaré l’astronome Natasha Hurley-Walker, du Centre international de recherche en radioastronomie en Australie.

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Crédits : eROSITA / MPE / CHIPASS / SPASS / N. Hurley-Walker, ICRAR-Curtin

D’autres vestiges en attente d’être découverts

Sur la base de ces données radio, l’équipe a calculé que ces restes ont entre 21 000 et 150 000 ans. En outre, ils évoluent relativement proches de la Terre, à entre 1470 et 3915 années-lumière.

L’emplacement de cette supernova est également surprenant. Ces restes ont en effet été isolés loin du plan galactique où la plupart des étoiles de la Voie lactée (et donc des restes de supernova) résident. Après analyse des données passées, disponibles sur le serveur arXiv, il est également apparu que cette supernova était déjà présente (faiblement, mais présente) dans les données du télescope ROSAT prises il y a trente ans.

« On ne s’attend généralement pas à ce que les restes de supernova soient trouvés aux hautes latitudes galactiques, donc ces zones ne sont généralement pas au centre des enquêtes, ce qui signifie qu’il peut y avoir encore plus de ces vestiges négligés en attente d’être découverts« , note Werner Becker.