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Découverte d’un récif géant du fleuve Amazone

Embouchure du fleuve Amazone (capture Google Earth)

À l’endroit où se jette l’Amazone dans l’Océan Atlantique, les eaux douces et salées se mélangent. Dans cette zone de delta, des scientifiques ont découvert un impressionnant système de récifs coralliens où la biodiversité serait très importante.

Une équipe de scientifiques menée par Patricia Yager, chercheuse à l’université de l’état de Géorgie (États-Unis), a découvert un réseau de récifs d’une longueur de 1000 km à l’embouchure du fleuve Amazone, situé entre la Guyane française et l’état brésilien de Maranhão. Les résultats de l’étude, incluant la collaboration de chercheurs de l’université fédérale de Rio de Janeiro (Brésil), ont été publiés dans la revue Sciences Advances le 22 avril 2016.

Cette découverte donne un peu d’espoir si l’on considère que l’état de la Grande Barrière de Corail située en Australie est alarmant : 93% de la barrière blanchit actuellement à cause du réchauffement des eaux. La nouvelle barrière de corail découverte dans l’embouchure de l’Amazone est, au premier abord, en meilleur état de conservation. Dissimulée naturellement par une couche de boue, la barrière de corail n’était pas visible à l’œil nu.

Les eaux de l’Amazone sont souvent très troubles du fait des sédiments et autres matières organiques emportées au cours d’un voyage de 6.922km de distance à un débit pouvant atteindre 300.000 mètres cubiques par seconde. Ainsi, l’invisibilité de la nouvelle barrière de corail est logique, surtout qu’aucun texte scientifique ne mentionnait son existence.

© F. Moraes, Instituto de Pesquisas Jardim Botânico do Rio de Janeiro
© F. Moraes, Instituto de Pesquisas Jardim Botânico do Rio de Janeiro

Les chercheurs sont intrigués par la présence d’une biodiversité importante au sein de la barrière, alors que le monde scientifique était persuadé de l’impossibilité de survie des espèces marines tropicales sous les alluvions rejetées par l’Amazone. Cependant, la découverte récente faite par l’océanographe brésilien Rodrigo Moura a changé la donne : des documents scientifiques datant de 1977 l’on poussé à croire à l’existence de cette barrière de corail. Il a donc convaincu un groupe d’une trentaine d’océanographes américains et brésiliens d’explorer la zone de l’embouchure de l’Amazone.

Entre 2010 et 2014, les chercheurs ont cartographié les fonds de l’embouchure du fleuve par le biais d’ondes sonores et les ont localisés et échantillonnés au cours de plusieurs expéditions sur place.

Selon Patricia Yager, le scepticisme a laissé place à la sidération au fur et à mesure des découvertes, tout d’abord par la grandeur du récif. Ensuite, la biodiversité présente sur le site a été source d’étonnement puisque le récif héberge une flore et une faune endémique de la Caraïbe par exemple les éponges géantes de couleur.

Selon Rodrigo Moura, la biodiversité du récif évolue en fonction de la lumière qu’elle reçoit sur toute sa longueur. Si la partie nord de la barrière abrite une biodiversité adaptée au manque de lumière, la partie sud n’est couverte par l’eau du fleuve que trois mois par an. Ainsi, les organismes vivants sur cette partie font de la photosynthèse, ce qui s’avère être bénéfique pour les coraux.

Sources : Futura SciencesConsoGlobe