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Découverte rare : une planète rocheuse à 25 000 années-lumière

Crédits : ESO/M. Kornmesser

Des astronomes annoncent avoir identifié une planète rocheuse à près de 25 000 années-lumière de la Terre grâce à une microlentille gravitationnelle. Les détails de l’étude sont publiés dans The Astronomical Journal.

À ce jour, environ un tiers des plus de 4 000 exoplanètes confirmées sont rocheuses, et la plupart se situent à quelques centaines, voire quelques milliers d’années-lumière de la Terre. Des astronomes annoncent aujourd’hui la découverte d’un autre de ces mondes telluriques, mais positionné à une distance beaucoup plus lointaine : 24 722,65 années-lumière. Cette exoplanète est, à ce jour, l’une des plus éloignées jamais découvertes dans la Voie Lactée.

Microlentille gravitationnelle

La plupart des mondes identifiés jusqu’à présent en dehors de notre système l’ont été grâce à deux méthodes.

Celle du transit, qui vise à mesurer la courbe de lumière émise par les étoiles lointaines. Des plongements périodiques de luminosité sont alors parfois observés, trahissant le passage d’une ou plusieurs exoplanètes devant l’étoile par rapport à l’observateur.

Et celle dite des “vitesses radiales”, qui repose sur l’observation spectrale des étoiles, à la recherche de signes de “vacillements”. Grossièrement, les astronomes vont observer si l’étoile ciblée s’éloigne où se rapproche de la Terre, révélant la présence de planètes qui exercent une influence gravitationnelle sur leur hôte.

Mais il existe une troisième méthode, celle de la microlentille gravitationnelle.

Pour rappel, une lentille gravitationnelle se produit par la présence d’un corps céleste très massif positionné entre un observateur et une source lumineuse lointaine. Ce corps céleste (une galaxie ou un amas de galaxie), imprimant un fort champ gravitationnel autour de lui, va alors faire dévier les rayons lumineux de l’objet situé en arrière plan, déformant et grossissant ainsi les images que recevra l’observateur placé sur la ligne de visée.

Les microlentilles, de leur côté, reposent sur le même principe, mais sur des alignements entre deux étoiles distantes.

Chaque fois que deux étoiles s’alignent étroitement depuis notre point de vue, la lumière de l’étoile en arrière-plan se courbe lorsqu’elle passe au niveau de l’étoile positionnée devant elle. Mais il faut également savoir qu’une planète en orbite autour d’une étoile située au premier plan peut aussi générer un petit effet de lentille gravitationnelle. C’est ce qui s’est produit ici.

exoplanètes
Crédits : flflflflfl/Pixabay

Un système atypique

L’événement – baptisé OGLE-2018-BLG-0677 – a été observé de manière indépendante par le système d’alerte précoce de l’optique de lentille gravitationnelle (OGLE) et le Korea Microlensing Telescope Network (KMTNet).

Les analyses de ces données ont permis d’estimer que ce monde est une super-Terre environ quatre fois plus massive que notre planète. Nous savons également qu’il évolue autour d’une très petite étoile de seulement 0,12 fois la masse du Soleil. D’ailleurs, les astronomes n’ont pas encore pu déterminer s’il s’agissait d’une étoile de faible masse ou d’une naine brune.

Enfin nous savons que la planète se positionne à une distance comprise entre 0,63 et 0,72 unité astronomique de son hôte. C’est à peu près équivalent à la distance Vénus – Soleil. Et qu’elle en fait le tour tous les 617 jours.

Pour l’heure il reste impossible de savoir si ce monde est potentiellement habitable. Principalement parce que la nature de l’étoile n’a pas encore pu être déterminée. Le système est également si éloigné que les astronomes sont dans l’incapacité de pouvoir caractériser davantage la planète.

Cette étude n’en reste pas moins intéressante dans la mesure où elle démontre le pouvoir de la microlentille gravitationnelle comme outil pour trouver ces exoplanètes lointaines. Outil dont se servira prochainement le télescope WFIRST, dont le lancement est prévu à l’horizon 2025, pour dénicher d’autres mondes extraterrestres.

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