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Découverte d’un pot de chambre de l’époque romaine

Crédits ; Roger Wilson

Une équipe d’archéologues révèle avoir pu identifier les restes d’excréments humains à l’intérieur d’un pot en céramique. Pendant des décennies, un certain nombre de récipients coniques de ce genre découverts près des latrines romaines avaient été présumés être des pots de chambre récemment vidés. Cependant, jusqu’à présent, les preuves manquaient.

Des œufs de parasites

Les pots de chambre sont peut-être l’une des formes céramiques les plus difficiles à identifier avec certitude dans les études sur la poterie romaine. Ces structures étaient largement reconnues dans l’Empire romain, mais en l’absence d’autres preuves, ils ont souvent été appelés pots de stockage.

Dans le cadre de récents travaux, des archéologues de l’Université de Cambridge ont néanmoins analysé des matériaux formés sur la surface intérieure d’un pot en céramique datant du Ve siècle sur le site d’une villa romaine en Sicile. Ces analyses ont finalement révélé la présence de parasites intestinaux, dont des œufs de trichocéphale, confirmant que le récipient contenait jadis des excréments humains. « C’était incroyablement excitant de trouver les œufs de ces vers parasites 1 500 ans après leur dépôt« , souligne Tianyi Wang, coauteur de l’étude.

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Œuf microscopique de trichocéphale du pot de chambre. La barre d’échelle noire représente vingt micromètres. Crédits : Sophie Rabinow

Les trichocéphales sont des parasites mesurant environ quatre centimètres de long. Vous les retrouverez sur la muqueuse de nos intestins. Leurs œufs se mélangent alors parfois aux excréments humains. Environ 700 millions d’individus dans le monde sont concernés.

Ici, les minéraux provenant de l’urine et des matières fécales se sont également accumulés en couches sur la surface intérieure du pot lors de son utilisation répétée, créant des concrétions à l’intérieur desquelles étaient piégés les œufs de parasites, les préservant ainsi pendant des siècles.

Des toilettes pour les visiteurs ?

Pour les auteurs, malgré ses mesures (31,8 cm de haut pour 34 cm de diamètre au bord) suggérant qu’il aurait pu être utilisé pour s’asseoir, ce pot de chambre était plus probablement placé sous une chaise en osier ou en bois. Côté décoration, une simple paire de lignes ondulées parallèles était gravée autour du récipient.

« Ce pot provenant du complexe thermal d’une villa romaine, nous pourrions penser que ceux qui visitaient les thermes utilisaient ce pot de chambre lorsqu’ils voulaient se rendre aux toilettes, car les bains ne proposaient pas de latrines construites », souligne Piers Mitchell, qui a mené l’étude au laboratoire. « De toute évidence, la commodité était importante pour eux« .

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L’emplacement de pot de chambre en rouge sur le site romain. Crédits : Rabinow et coll., J. Archaeol. Sci., 2022

Les chercheurs appellent à présent à réexaminer tous les pots romains dans les musées connus pour obtenir les concrétions minéralisées à l’intérieur. Ces derniers pourraient être échantillonnés pour voir s’ils ont également été utilisés comme pots de chambre. L’identification de parasites intestinaux aurait alors le potentiel de faire progresser notre compréhension de l’assainissement, de l’alimentation et de la santé intestinale des habitants de la région à cette époque.