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Découverte d’un poisson à crocs vieux de 380 millions d’années

Harajicadectes zhumini poisson
Une reconstitution de Harajicadectes zhumini. Crédits : Dr Brian Choo, Université de Flinders

Une découverte paléontologique fascinante a récemment été réalisée dans l’un des sites fossilifères les plus reculés d’Australie : une nouvelle espèce de poisson prédateur ayant évolué il y a environ 380 millions d’années. Voici les points à retenir sur cette nouvelle trouvaille.

Une découverte exceptionnelle

La découverte a eu lieu dans la rivière Finke (Larapinta), située à environ 200 km à l’ouest d’Alice Springs et considérée comme l’une des plus anciennes du monde. Bien que le site soit difficile d’accès, il a déjà révélé de nombreux spécimens d’animaux anciens, renforçant son statut de site paléontologique exceptionnel.

Plus récemment, une équipe dirigée par le Dr Brian Choo, paléontologue à l’Université Flinders, a décrit une nouvelle espèce de poisson à nageoires lobes. Baptisée Harajicadectes zhumini, elle évoluait il y a environ 380 millions d’années.

À cette époque, l’Australie faisait partie d’une masse terrestre appelée le Gondwana qui comprenait également d’autres continents comme l’Antarctique, l’Amérique du Sud, l’Afrique, l’Inde et l’Antarctique. L’Australie actuelle était également probablement située plus près de l’équateur par rapport à sa position actuelle.

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Un spécimen presque complet de Harajicadectes trouvé sur le terrain en 2016. Crédits : Dr Brian Choo, Université Flinders

À l’aise dans l’eau et en dehors

Faisant partie de l’ancienne lignée des Tetrapodomorphes, dont certains sont devenus les ancêtres des tétrapodes à membres (et plus tard des humains), ces poissons se distinguaient avec leurs crocs redoutables et leurs écailles blindées.

Ils présentaient également une combinaison inhabituelle de mécanismes respiratoires qui alliait la respiration branchiale typique des poissons à de grandes ouvertures sur le dessus de leur crâne (structures spiraculaires), suggérant une capacité à respirer de l’air.

Ce trait se retrouve chez d’autres poissons du Dévonien, ce qui indique une évolution convergente, c’est-à-dire des espèces éloignées développant indépendamment des adaptations similaires.

Nous savons que cette époque fut marquée par une diminution de l’oxygène atmosphérique sur la planète, ce qui pourrait donc expliquer la capacité de ce poisson à respirer à la fois de l’air et à travers des branchies. La capacité de compléter la respiration branchiale avec de l’oxygène aérien offrait en effet probablement un avantage adaptatif.

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Emplacement des orbites circulaires et des structures spiraculaires. Crédits : Dr Brian Choo, Université Flinders

Bien que la position exacte de Harajicadectes dans l’arbre généalogique des poissons reste à déterminer, cette découverte offre un éclairage précieux sur l’évolution de la vie aquatique au cours du Dévonien moyen, une période cruciale de l’histoire de la Terre.

Les détails de l’étude sont publiés dans le Journal of Vertebrate Paleontology.