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Découverte de la plus jeune paire d’astéroïdes du Système solaire

Crédits : Berkeley/Seti Institute

Une équipe d’astronomes annonce avoir identifié une paire d’astéroïdes séparés de leur corps parent il y a à peine trois ans. Il s’agit de la plus jeune paire de ce genre connue d’un facteur dix. D’après les chercheurs, ces deux roches pourraient avoir une origine cométaire.

La plupart des astéroïdes de notre système évoluent dans la « ceinture principale », située entre les orbites de Mars et de Jupiter. Plus près de chez nous, les astronomes ont identifié d’autres objets de ce genre, connus sous le nom d’astéroïdes proches de la Terre (NEA), dont les orbites, vous l’avez compris, les amènent à proximité de notre planète.

Il y a trois ans, une équipe s’appuyant sur le télescope Pan-STARRS1, à Hawaï, et la Catalina Sky Survey (Arizona) annonçait d’ailleurs avoir identifié deux nouveaux NEA, identifiés comme 2019 PR2 et 2019 QR6. La plus grande de ces deux roches mesure environ un kilomètre de diamètre, tandis que l’autre propose la moitié de cette taille.

La plus jeune paire du Système solaire

Ces deux astéroïdes ont tout de suite intrigué dans la mesure où leurs orbites autour du Soleil paraissaient très similaires. Une analyse plus approfondie menée par l’Académie tchèque des sciences a confirmé qu’il s’agissait d’une paire d’astéroïdes. On estimait alors que les deux roches, actuellement distantes d’environ un million kilomètres, s’étaient séparées d’un seul astéroïde parent au cours des quelques derniers millions d’années. En réalité, ces deux fragments sont beaucoup plus jeunes.

Dans le cadre d’une nouvelle étude, des chercheurs ont effectué des observations de suivi grâce au Lowell Discovery Telescope, dans le nord de l’Arizona. Ces analyses ont révélé des propriétés de surface très similaires chez les deux astéroïdes, soutenant davantage l’hypothèse de leur origine commune.

Sur la base de plusieurs techniques de modélisation et d’observation supplémentaires, l’équipe a déterminé que la paire s’est séparée il y a seulement trois cents ans, ce qui en fait la plus jeune paire connue d’astéroïdes. Les anciens détenteurs du record étaient au moins dix fois plus âgés.

« C’est très excitant de trouver une paire d’astéroïdes si jeune. À des échelles de temps astronomiques, trois cents ans, c’est comme si c’était ce matin, pas même hier« , souligne Petr Fatka de l’Institut astronomique de l’Académie tchèque des sciences.

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Le dôme du Lowell Discovery Telescope (LDT)

Une origine cométaire ?

La majorité des paires d’astéroïdes se forment par fission en rotation, lorsqu’un astéroïde en rotation atteint une vitesse critique à partir de laquelle les débris commencent à s’envoler pour former un ou plusieurs nouveaux corps.

Ici, les modèles standard de formation de paires d’astéroïdes par fission rotationnelle ne pouvaient pas entièrement expliquer les propriétés de 2019 PR2 et 2019 QR6, notamment leur séparation actuelle. Dans le cadre de ces travaux, l’équipe s’est appuyée sur nouveaux modèles supposant une origine cométaire. D’après ces simulations, un tel objet pourrait en effet avoir libéré des jets de gaz capables de pousser leurs orbites dans la configuration d’aujourd’hui.

Les chercheurs prévoient d’autres observations à l’avenir, mais il va falloir être un peu patients. Pour avoir une meilleure idée du processus à l’origine de la perturbation du corps parent, les astronomes devront en effet attendre jusqu’en 2033, lorsque les deux objets seront à nouveau à la portée de nos télescopes.