in

Découverte d’une plante carnivore pas comme les autres

Crédits : Martin Dančák

Une équipe de scientifiques décrit une espèce de plante carnivore jusque-là inconnue isolée sur l’île de Bornéo, dans la province indonésienne du Kalimantan du Nord. L’espèce nouvellement nommée Nepenthes pudica est une sorte sarracénie de couleur pourpre qui consomme ses proies d’une manière que les botanistes n’ont pas enregistrée auparavant.

Une carnivore pas comme les autres

Les Sarracénies ou Sarracènes sont des plantes carnivores à pièges passifs. Pour opérer, ces dernières attirent et attrapent les insectes grâce à des feuilles en forme de pichet (ou pièges à fosse) orientées verticalement qui poussent au-dessus du sol, soit en surface, soit dans les arbres. Les insectes, tels que les mouches, sont attirés par des pigments ou du nectar attrayants. Ils se mettent alors à glisser au fond du pichet à cause de ses parois très lisses, avant de finalement se noyer dans une mare de sucs digestifs.

Dans le cadre d’une étude, une équipe de botanistes décrit une nouvelle espèce de plante du même genre sur l’île de Bornéo, dans la province indonésienne du Kalimantan du Nord. En revanche, à l’inverse des autres organismes de ce type connus, celle-ci ne développe aucun piège au-dessus du sol. Les chercheurs ont en effet découvert que ces plantes avaient des pousses qui supportaient des pichets souterrains (environ onze centimètres de long).

Ces structures, cachées sous une couche de mousse recouvrant le sol, étaient passées inaperçues jusqu’à présent. Ces plantes ont maintenant été classées comme une espèce unique de sarracénie nommée Nepenthes pudica. La dernière partie du surnom est dérivée du mot latin pudicus, qui signifie « timide ».

plante carnivore
La nouvelle espèce de plante décrite : Nepenthes pudica. Crédits : Martin Dančák

Privilégier les rampants

Vous retrouverez ces plantes au sommet de crêtes montagneuses à une altitude d’environ 1 100 à 1 300 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les chercheurs pensent que ces organismes ont développé des pichets souterrains en réponse à leur habitat sec où l’eau et les insectes aériens se font rares. Le fait de proposer des pièges directement dans le sol pourrait alors favoriser la capture d’insectes rampants comme des fourmis, des acariens et des coléoptères.

« Nous émettons l’hypothèse que les cavités souterraines ont des conditions environnementales plus stables, y compris l’humidité, et qu’il y a probablement aussi plus de proies potentielles pendant les périodes sèches« , note Michal Golos, de l’Université de Bristol et coauteur de ces travaux.  Avec son équipe, ils ont examiné dix-sept de ces plantes, dont beaucoup montraient des restes de proies digérées à l’intérieur.

Les détails de l’étude sont publiés dans la revue PhytoKeys.