Découverte d’une nouvelle espèce de Dicynodonte du Trias

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Reconstitution de la vie de Woznikella triradiata. Crédits : DrawingDinosaurs / Henryk Niestrój

Une équipe de paléontologues annonce avoir identifié les restes d’un nouveau genre et d’une nouvelle espèce de dicynodontes datant de la période triasique en Pologne. En quoi cette nouvelle est-elle importante ? Les détails de l’étude sont publiés dans les Comptes Rendus Palevol.

De (très) lointains cousins

Les dicynodontes forment un groupe éteint de reptiles qui vécurent il y a environ 251 à 220 millions d’années, pendant la période du Trias. Ces animaux se caractérisaient par leur crâne massif et leur mâchoire supérieure élargie. Leur nom signifie littéralement « deux dents », car ils possédaient également deux défenses pointues (des incisives) situées sur leur mâchoire supérieure. Elles étaient utilisées pour diverses fonctions comme la défense contre les prédateurs, l’affichage territorial ou peut-être pour se battre entre mâles rivaux.

Ces animaux avaient généralement des membres courts et robustes avec des postures droites, ce qui suggère qu’ils se déplaçaient principalement sur le sol. Néanmoins, certains dicynodontes présentaient des adaptations semi-aquatiques. Ils possédaient ainsi des membres plus allongés et une conformation corporelle qui suggère une capacité à nager et à se déplacer dans les habitats aquatiques.

Enfin, notez qu’en termes de taille, les dicynodontes, qui étaient principalement herbivores, variaient considérablement. Certains avaient la taille d’un chien tandis que d’autres mesuraient plusieurs mètres de long.

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Reconstitution de Kannemeyeria simocephala, un dicynodonte de trois mètres de long datant du Trias.
Crédits : Dimitri Bogdanov/Wikipédia

Une nouvelle espèce en Pologne

L’étude de ces animaux est intéressante, car ils occupent une position importante dans l’histoire évolutive des mammifères. Les dicynodontes font en effet partie du groupe des reptiles synapsides qui comprend également nos ancêtres directs. Concrètement, les synapsides ont subi une diversification majeure au cours de la période du Permien, donnant naissance à une variété de formes et d’adaptations. Les dicynodontes se sont développés à partir de cette radiation évolutive.

Les synapsides, y compris les dicynodontes, possédaient d’ailleurs déjà des caractéristiques qui les rapprochaient des mammifères. Par exemple, ils avaient une ouverture unique dans leur crâne, appelée la fenêtre temporale, qui est également présente chez les mammifères. Certains synapsides ont ensuite continué à évoluer après l’extinction massive de la fin du Permien, il y a 252 millions d’années, qui a vu la disparition des dicynodontes, pour finalement donner naissance aux premiers mammifères.

Ainsi, les dicynodontes ne sont pas considérés comme les ancêtres directs des mammifères. Cependant, ils partagent un ancêtre commun dans la lignée des synapsides. C’est pourquoi leur étude est importante. Par ailleurs, outre leur succès évolutif incontestable, leur aire de répartition géographique mondiale et leur diversité générique intéressent également les scientifiques.

Cela nous ramène à cette nouvelle découverte. Une équipe de paléontologues annonce en effet avoir identifié les restes d’une nouvelle espèce de dicynodonte en Pologne, près de la ville de Woźniki. Baptisée Woznikella triradiata, elle évoluait à l’époque du Trias supérieur, il y a environ 230 millions d’années. D’après les analyses, cette ancienne créature était étroitement liée aux Stahleckeriidae, une famille de dicynodontes déjà connue. Cependant, elle se distinguait par son omoplate autapomorphe élancée avec des parties dorsale et ventrale nettement élargies, un acromion dirigé de manière antérodorsale et une épine scapulaire peu visible.