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Découverte d’une nouvelle classe d’exoplanètes susceptibles d’abriter la vie

Crédits : LoganArt/Pixabay

Une nouvelle classe d’exoplanètes composées à moitié de roche et à moitié d’eau vient d’être identifiée autour des naines rouges. Selon les chercheurs, une telle découverte pourrait avoir de grandes implications dans la recherche de la vie extraterrestre. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Science.

Les naines rouges représentent plus de 70 % de la population d’étoiles de l’Univers. Ces objets, plus petits et plus froids que le Soleil, sont connus pour abriter des exoplanètes. Le fait que ces étoiles soient si courantes a naturellement amené les astronomes à se demander si ces dernières pourraient permettre à la vie telle que nous la connaissons d’apparaître et de se développer.

Cette question fait encore débat pour plusieurs raisons. D’une part, ces étoiles sont connues pour être particulièrement instables, libérant régulièrement de grandes éruptions dans leur environnement proche. Ces éruptions sont alors susceptibles de « dépouiller » les atmosphères et, par extension, la vie des planètes situées un peu trop près.

Si l’on ignore encore si les mondes en orbite autour de ces naines rouges sont potentiellement habitables, c’est également à cause du manque de compréhension des chercheurs sur leur composition. Pour en apprendre davantage, des chercheurs se sont récemment concentrés sur de petits mondes évoluant autour de naines rouges proches (plus brillantes, donc plus faciles à étudier). Pour ce faire, ils ont examiné les données du satellite TESS.

Six mondes « nouveaux »

Les étoiles sont de nature plus brillante que leurs planètes. De notre point de vue, ces mondes sont donc baignés de lumière, et donc invisibles. Les astronomes peuvent cependant en apprendre davantage grâce à des méthodes indirectes. L’ombre créée par une planète passant devant son étoile est un exemple. La légère influence gravitationnelle de ces planètes sur le mouvement de leur étoile en est un autre.

Ces données sont essentielles. En saisissant l’ombre d’une planète sur son étoile, les scientifiques peuvent en effet estimer son diamètre. En mesurant la petite attraction gravitationnelle qu’une planète exerce sur une étoile, ils peuvent alors estimer sa masse. Pour ces travaux, une équipe dirigée par Rafael Luque, de l’Université de Chicago, s’est concentrée sur trente-quatre exoplanètes dont le diamètre et la masse étaient déjà connus. Ces détails ont aidé les chercheurs à estimer leur densité, et donc à en déduire leurs compositions probables.

Sur les trente-quatre planètes analysées, les chercheurs ont identifié 21 mondes rocheux et sept géantes gazeuses. Les six objets restants représentaient en revanche un nouveau type d’exoplanètes composées d’environ moitié roche et moitié eau, soit sous forme liquide, soit sous forme de glace.

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Illustration d’artiste d’un monde mi-roche, mi-eau en orbite autour d’une étoile naine rouge. Crédits : Pilar Montañés

Des foyers pour la vie ?

Le fait que ces planètes soient très aqueuses nous amène inévitablement à penser à la vie. Cependant, notez que si ces mondes sont visiblement riches en eau, cela ne signifie pas nécessairement qu’elles sont recouvertes d’océans. Par exemple, l’eau ne représente que 0,02% de la masse de la Terre, ce fait de notre planète un monde sec d’un point de vue astrophysique, et ce, même si les trois quarts de la surface sont recouverts d’eau.

À l’inverse, bien que les planètes aqueuses découvertes par les chercheurs soient à moitié constituées d’eau, cela ne signifie pas qu’elles ont des océans en surface. Toute cette eau pourrait en effet se mélanger à la roche.

Des observations futures pourraient nous dire si ces planètes se trouvent également autour d’étoiles plus grandes. Les chercheurs pourraient également utiliser les capacités du James Webb Telescope (JWT) pour sonder la composition de leur atmosphère, si tant est qu’elles en aient, pour analyser la manière dont elles stockent toute cette eau. Ces travaux pourraient à leur tour nous permettre d’estimer leur potentiel d’habitabilité.