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De l’encre métallique a été découverte sur des papyrus de l’Antiquité

Crédits : Emmanuel Brun of ESRF-INSERM / Science Mag

Des scientifiques ont pu comprendre que l’encre métallique était déjà utilisée des siècles plus tôt que nous le pensions, à l’aide d’une technologie utilisant de puissants rayons X.

Découverts au XVIIIe siècle, les papyrus d’Herculanum avaient disparu lors de l’éruption du Vésuve en 79 avant J.C, la même qui avait détruit la célèbre ville de Pompéi ainsi que celle de Herculanum. Pas moins de 2000 rouleaux avaient été retrouvés et les précédentes tentatives pour les déchiffrer se sont soldées par des échecs, causant de sérieux dommages, voire la destruction de certains spécimens.

En janvier 2015, des chercheurs de l’Installation européenne de rayonnement synchrotron (ESRF) ont pu générer, grâce à leur accélérateur, des rayons X plus puissants d’environ 100 millions de fois que ceux utilisés dans un hôpital. Leur découverte, relatée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) a été exceptionnelle : les papyrus ont sans aucun doute été flanqués d’une encre métallique. Et pourtant jusqu’ici, les universitaires avaient pour acquis qu’à cette époque, l’encre utilisée était fabriquée à l’aide de suie provenant des chaudières à bois, comme le stipulaient les écrits de l’historien romain Pline l’Ancien.

Les scientifiques ont pu lire des lettres et quelques mots en alphabet grec, tandis qu’ils se sont aperçus que les papyrus contenaient une certaine concentration de plomb qui ne pouvait provenir que d’un usage volontaire de ce métal dans l’encre. Cette conclusion a été faite par le calcul de la concentration de plomb dans l’encre, qui ne pouvait absolument pas être la cause de l’eau polluée par les canalisations (en plomb) des Romains, ni par un récipient en bronze ou un encrier en cuivre d’ailleurs.

« Dans l’encre du métal, nous avons trouvé du plomb, supposé apparaître environ 4 siècles après [l’éruption du Vésuve]. Le consensus est que les Romains n’ont commencé à utiliser de l’encre métallique qu’au quatrième siècle » explique le Dr Emmanuel Brun, chercheur à l’Installation européenne de rayonnement synchrotron (ESRF).

Désormais il sera possible de déchiffrer en détail les écrits et progresser sur la compréhension des textes anciens qui ont été conservés bien sûr, mais délaissés faute de pouvoir aller plus loin.

« La découverte est intéressante d’un point de vue historique, mais aussi par rapport à la technique d’imagerie des papyrus. Les étapes de cette étude sur l’encre nous permettront d’optimiser les prochaines expériences pour lire le texte jusqu’ici invisible de ces papyrus », explique le Dr Emmanuel Brun.

Parmi les 2000 rouleaux découverts à Herculanum, 600 n’ont fait l’objet d’aucune recherche. La majorité des écrits sont des essais en langue grecque, mais il y a également une comédie, celle-ci écrite en latin. Les autres rouleaux pourront être déchiffrés sans être endommagés, ce qui se révèle être une grande nouvelle pour les chercheurs et historiens.

Sources : Techno ScienceScience et Avenir