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Découverte d’une “galaxie fossile” enfouie profondément dans la Voie lactée

Crédits : Pexels/pixabay

Des astronomes s’appuyant sur les données de l’expérience d’évolution galactique (APOGEE), de l’Observatoire Apache Point, ont isolé la présence d’une “galaxie fossile” cachée dans les profondeurs de la Voie lactée.

Dans l’univers, tout est en mouvement. Il arrive alors parfois que certaines galaxies se rapprochent, pour finalement entrer en collision et fusionner. Il y a environ dix milliards d’années, l’une de ces structures s’est frottée à la Voie lactée, encore très jeune, pour finalement se faire absorber. Les restes de cette petite “galaxie fossile” ont été retrouvés par des astronomes. Les détails de l’étude sont publiés dans les Avis mensuels de la Royal Astronomical Society.

Percer le “coeur” de notre galaxie

Les astronomes ont nommé cette ancienne galaxie Héraclès, du nom de l’ancien héros grec qui reçut le don de l’immortalité lors de la création de la Voie lactée. Les restes de la structure représentent environ un tiers du halo sphérique de notre galaxie, ce qui signifie que cette ancienne collision nouvellement découverte doit avoir été un événement majeur dans son histoire.

Mais si les étoiles et le gaz de ce “fossile” galactique représentent un si grand pourcentage de ce halo, comment se fait-il que cette matière soit passée inaperçue autant de temps ? Parce qu’elle est profondément enfouie dans le “coeur” de la Voie lactée.

Pour trouver une galaxie fossile comme celle-ci, nous avons dû examiner la composition chimique détaillée et les mouvements de dizaines de milliers d’étoiles“, explique Ricardo Schiavon de l’Université John Moores de Liverpool (LJMU). “C’est particulièrement difficile à faire pour les étoiles au centre de la Voie lactée, car elles sont cachées à la vue par des nuages ​​de poussière interstellaire“.

Dans le cadre de ces travaux, les chercheurs se sont appuyés sur APOGEE, un instrument permettant justement de “percer” cette poussière. Au cours de ces dix dernières années, les chercheurs se sont concentrés sur l’analyse des spectres d’environ 500 000 étoiles dans toute la galaxie, dont plusieurs milliers évoluent dans le noyau central.

Sur cet échantillon, quelques centaines affichaient des compositions chimiques et des vitesses remarquablement différentes. Autrement dit, elles provenaient forcément d’une autre galaxie. En les étudiant en détail, les chercheurs ont ensuite pu retracer leur emplacement précis et leur histoire.

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Les étoiles de la Voie lactée vues de la Terre. Les anneaux colorés montrent l’étendue approximative des étoiles issues de la galaxie fossile. Crédits : Danny Horta-Darrington (Liverpool John Moores University), ESA / Gaia et le SDSS

De prédatrice à proie

Notez que ce n’est pas la seule structure a avoir été absorbée par notre galaxie. Nous savons en effet que la Voie lactée a déjà “dévoré” quelques galaxies naines au cours de son évolution. De nouvelles données signées de la mission Gaia laissent d’ailleurs à penser que l’une de ces rencontres a eu lieu assez récemment,  il y a environ 500 millions d’années.

Enfin, nous savons que la Voie lactée doit également se “frotter” à Andromède, plus imposante, dans 4,5 milliards d’années environ. Quant à savoir si notre galaxie sera complètement absorbée, c’est une autre histoire.