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Découverte exceptionnelle de jeunes lions des cavernes parfaitement conservés en Russie

Crédits : Academy of Sciences of Yakutia, RGO

C’est une découverte exceptionnelle qui vient d’être réalisée sur le territoire russe. Pour la première fois de l’Histoire, deux corps momifiés de jeunes lions des cavernes ayant vécu il y a 11 000 ans ont été mis au jour, ce qui va enfin permettre d’en savoir plus sur leur apparence réelle.

Il s’agit là d’une première mondiale puisque jusqu’ici, seuls des ossements de ce prédateur de l’ère glaciaire avaient été retrouvées par les scientifiques. Sur le territoire de la République de Sakha (état fédéral de la Russie), des scientifiques viennent d’annoncer avoir découvert deux corps momifiés de jeunes lions des cavernes ayant vécu il y a 11 000 ans. « C’est une découverte exceptionnelle » s’enthousiasme Philippe Fosse, paléontologue au CNRS de l’Université de Toulouse. « Pour la première fois, on a un lion complet, avec sa fourrure » ajoute-t-il puisque jusqu’ici, la fourrure de ces animaux était uniquement déduite des peintures pariétales réalisées par les hommes de cette époque.

La fonte du pergélisol (sol gelé en permanence) permet de plus en plus la délivrance d’animaux préhistoriques des glaces, mais généralement, il s’agit d’ongulés (bisons, chevaux…), de mammouths, ou de rhinocéros laineux. D’autant plus que le lion des cavernes était un animal solitaire. « Contrairement aux ongulés qui vivent en groupe, la probabilité de découvrir un individu congelé est quasi nulle », explique Philippe Fosse. Cette découverte non pas d’un individu, mais de deux relève donc de l’exceptionnel.

Étant bien conservés, la qualité de leur ADN pourrait aider à comprendre si le lion des cavernes est plutôt apparenté au lion d’Afrique ou au tigre d’Asie, et l’on devrait également en savoir plus sur son alimentation après le passage au scanner des deux lionceaux. En revanche, il sera toujours difficile de révéler la couleur du pelage d’un individu adulte, en raison du jeune âge des deux spécimens. « La robe évolue avec l’âge chez les grands félins. Chez le lion des cavernes, elle ne devait se stabiliser que vers 4,5 ou 5 ans », explique le scientifique.

De plus « la couleur devait changer en fonction des saisons, comme c’est le cas chez un chat sauvage qui vit actuellement au nord-est de la Sibérie : les teintes devaient être plus foncées l’hiver », ajoute le scientifique. Il en est de même pour la densité du pelage, dont le volume évolue pour affronter les différents climats chez ce chat. Si l’on ne devrait pas en savoir plus sur le pelage chez l’adulte, ces éléments permettront tout de même de savoir à quelle saison ces lionceaux sont morts.

Les analyses actuellement réalisées permettront peut-être aussi de connaître les causes de leur mort, analyses dont les résultats des recherches seront présentés à la fin du mois de novembre 2015.

Sources : siberiantimessciencesetavenir