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Découverte d’une nouvelle espèce de hibou sur une île africaine

hibou Otus bikegila
Crédits : Philippe Verbelen

Une équipe de chercheurs détaille la découverte d’une nouvelle espèce de hibou sur l’île Príncipe de São Tomé-et-Príncipe, un pays insulaire du golfe de Guinée situé au large des côtes africaines. Les témoignages de la population locale suggèrent que son existence remonte à au moins 1928, mais l’espèce n’a été officiellement décrite qu’il y a quelques jours.

Au large de la côte ouest-africaine, d’étranges cris hantent les crépuscules d’une petite île connue sous le nom de Príncipe. Ces bruits, qui émanent des forêts anciennes de la partie sud inhabitée de l’île, sont connus depuis longtemps pas les locaux, mais il a toujours été difficile d’en connaître la source exacte. C’est désormais chose faite grâce à une enquête approfondie dirigée par Martim Melo du Musée d’histoire naturelle et des sciences de l’Université de Porto.

Sur la base de plusieurs éléments de preuve tels que la morphologie, la couleur et le motif du plumage, les vocalisations et la génétique, les chercheurs confirment que ces cris sont l’œuvre d’une espèce de hibou qui était jusqu’alors encore non décrite. Elle est désormais baptisée Otus bikegila. Il s’agit de la huitième espèce connue d’oiseau endémique de Príncipe, une île de seulement 139 km2.

« Bien qu’il puisse sembler étrange qu’une espèce d’oiseau reste inconnue de la science pendant si longtemps sur une si petite île, ce n’est en aucun cas un cas isolé en ce qui concerne les hiboux« , déclarent les chercheurs. « Par exemple, le Petit-duc d’Anjouan n’a été redécouvert qu’en 1992, soit 106 ans après sa dernière observation sur l’île d’Anjouan, dans l’archipel des Comores. Autre exemple avec le Petit-duc de Flores, redécouvert en 1994, 98 ans après le rapport précédent.« 

hibou Otus bikegila
Un spécimen de Otus bikegila. Crédit : Martim Melo
hibou Otus bikegila
Une photo aérienne du sud de Principe. Crédit : Alexandre Vaz

Une espèce menacée ?

Dans le cadre de cette enquête, les chercheurs ont également déterminé la répartition et la taille de la population de la nouvelle espèce. Les résultats, publiés dans la revue Bird Conservation International, confirment que ce petit hibou ne se trouve que dans la partie sud inhabitée de l’île qui représente une superficie de seulement 15 km2.

Dans cette petite zone, les densités de hiboux sont relativement élevées, avec une population estimée entre 1000 et 1500 individus. Malheureusement, une partie de ce petit espace sera affectée dans un avenir proche par la construction d’un petit barrage hydroélectrique. Pour cette raison, et parce que tous les individus sont confinés sur le site, les chercheurs proposent de classer l’espèce comme « En danger critique d’extinction ». Il s’agit du niveau de menace le plus élevé de la Liste rouge de l’UICN.

Cette recommandation doit encore être évaluée. En attendant, un suivi de la population sera essentiel pour obtenir des estimations plus précises de sa taille et sa composition.