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Découverte d’une grande mosaïque de l’époque romaine dans la vile d’Uzès

Au cours de fouilles préventives réalisées préalablement à la construction de nouvelles structures dans la ville d’Uzès, dans le Gard, des archéologues ont découvert une grande et remarquable mosaïque de l’époque romaine. À peine découverte, elle est déjà menacée.

Uzès, dans le Gard, est l’ancienne cité antique d’Ucétia. Comme dans de nombreuses villes de la région Occitanie, des fouilles préventives sont obligatoires avant chaque grand chantier d’aménagement. Des fouilles ont donc récemment eu lieu sur le site d’une ex-gendarmerie d’Uzès, où doivent être aménagés un internat et une cantine pour deux lycées à proximité.

Toutefois, au cours de ces fouilles, les archéologues de l’Inrap (l’Institut national de recherches archéologiques préventives) ont mis au jour des quartiers entiers de l’époque romaine (environ 4 000 m²) et une mosaïque remarquable par sa taille, 60 m², son époque et son état de conservation comme l’annonce l’Institut dans un communiqué.

« Ce fut une réelle surprise. Nous ne connaissons qu’une seule mosaïque de cette grandeur dans le Sud », commente Philippe Cayn, l’archéologue chargé des fouilles. Cette mosaïque aurait pu être réalisée entre 50 et 0 av. J.-C. et laisse notamment apparaître de nombreux motifs géométriques ainsi qu’un médaillon central entouré d’animaux : un hibou, une biche, un canard et un aigle. « Nous nous doutions qu’Uzès avait une origine romaine, mais nous n’en connaissions pas grand-chose. Jusqu’ici, il y avait eu quelques découvertes de fragments de mosaïques, mais très anciennes et isolées. Lorsque nous sommes arrivés, nous ne savions absolument pas ce que nous allions découvrir sur place », poursuit l’archéologue.

Le problème, c’est que ce trésor à peine découvert est déjà menacé de délocalisation. « Ce quartier romain est situé au cœur d’un projet architectural et d’un bâti urbain contraints avec des règles de sécurité et d’accessibilité, notamment pour les pompiers qui rendent impossibles le maintien et la préservation de ces vestiges in situ », explique Carole Delga, présidente de la région Occitanie qui a investi 12 millions d’euros dans la réalisation de l’internat et de la cantine en précisant qu’elle « mettrait tout en œuvre pour préserver et valoriser ce patrimoine en lui consacrant un lieu dédié à Uzès. Je demande, en concertation avec la Ville d’Uzès que ces mosaïques soient sauvegardées et accessibles à tous ».

Cette décision provoque la colère des associations, regroupées autour de l’association Prima Vera, pour demander à ce que la mosaïque romaine soit conservée sur son site d’origine