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Découverte d’une fourmi-licorne vieille de 99 millions d’années

Crédits : Vue d'artiste - © Perrichot et al./Current Biology.

Un paléontologue de l’université de Rennes-1 a découvert, avec une équipe internationale, une fourmi-licorne vieille de 99 millions d’années, une nouvelle espèce baptisée Ceratomyrmex ellenbergeri. Quatre spécimens ont été découverts dans des morceaux d’ambre birman.

Le faciès de cette nouvelle espèce appelée « fourmi-licorne » est on ne peut plus surprenant. « Imaginez un crâne humain où la mâchoire inférieure serait modifiée en une paire de larges faucilles dont les lames pointeraient bien au-dessus de la tête, et dont le milieu du front serait surmonté d’une longue brosse en forme de spatule… » explique Vincent Perrichot, paléontologue enseignant-chercheur à l’Université de Rennes-1. Cette découverte, il l’a réalisée avec ses collègues Bo Wang (Institut de géologie et de paléontologie de Nankin) et Michael Engel (université du Kansas), qui l’ont publiée dans la revue Current Biology.

Ces mandibules surdimensionnées ne constituent pas un grand étonnement en elles-mêmes, puisque plusieurs espèces de fourmis en étaient et en sont constituées. Mais elles ont toujours été observées sur un plan horizontal, ce qui n’est pas le cas chez cette fourmi-licorne, la Ceratomyrmex ellenbergeri. Chez elle, elles s’actionnent vers le haut, vers une sorte de corne-spatule qui se dresse au sommet de la tête.

© Perrichot et al./Current Biology.
© Perrichot et al./Current Biology.

C’est donc la première fois que chez les 14 000 espèces de fourmis recensées (passées et présentes) on observe ce type de mandibule, qui constituait très probablement un instrument de chasse redoutable. Cette corne est couverte de longues soies et d’une brosse de courtes épines, ce qui implique une fonction sensitive. Pour Vincent Perrichot, « ce système sensitif devait permettre d’évaluer précisément la taille et la position de l’objet saisi entre les mandibules et la corne, voire de le stabiliser par friction avec les épines » comme il l’explique au Blog Passeur de sciences. « L’idée est que ces structures étaient utilisées à des fins de prédation, plutôt que pour manipuler des brindilles » poursuit-il. L’espace très grand entre les mandibules et la corne suggère que les proies attrapées par la fourmi-licorne étaient grandes, « des myriapodes, des arachnides, des blattes et pourquoi pas d’autres fourmis… enfin toutes sortes d’arthropodes rampants de taille au moins égale à cette de cette fourmi » explique le paléontologue.

Sources : lemondefr3bretagne