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Découverte d’un nouvel antibiotique à large spectre à base d’arsenic

Crédits : Pixabay

La découverte d’un nouveau composé à base d’arsenic, fabriqué par des bactéries, pourrait être notre futur espoir de lutte contre la résistance aux antibiotiques. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Nature’s Communication Biology.

La résistance aux antibiotiques est un problème sanitaire majeur qui inquiète de plus en plus. Ces bactéries, qui s’adaptent aux traitements proposés pour mieux s’en protéger, pourraient en effet tuer jusqu’à 10 millions de personnes par an d’ici 2050, soit quasiment autant que le cancer. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) décrit d’ailleurs le problème comme « l’une des plus grandes menaces pour la santé mondiale et la sécurité alimentaire ». Pour traiter les futures infections, telles que la pneumonie, la tuberculose et autres, nous avons donc un besoin urgent de nouveaux antibiotiques.

Un médicament à base d’arsenic

En ce sens, un pas en avant vient d’être franchi. Une équipe américaine de chercheurs du Collège de médecine Herbert Wertheim, de la Florida International University, annonce en effet avoir découvert un potentiel médicament à large spectre contenant de l’arsenic. « L’antibiotique, l’arsinothricine (ou AST), est un produit naturel fabriqué par les bactéries du sol, qui semble efficace contre de nombreux types de bactéries », explique en effet Barry P. Rosen, principal auteur de l’étude.

L’arsinothricine se présente par ailleurs comme le premier et le seul antibiotique naturel connu contenant de l’arsenic. Rassurez-vous, l’utilisation des arsenicaux comme antimicrobiens et agents anticancéreux est assez courante. Les chercheurs expliquent tout de même avoir testé la toxicité du composé sur des cellules sanguines humaines. Ils confirment que celles-ci n’ont pas été endommagées.

résistance antibiotiques
Pseudomonas aeruginosa, une bactérie résistante aux antibiotiques. Crédits : Wikipédia.

Large spectre

Pas toxique donc, et potentiellement rudement efficace. Il vient en effet de faire ses preuves sur certaines des bactéries les plus résistantes. Notamment E. coli, qui peut provoquer des infections intestinales graves, et Enterobacter cloacae, qui résiste aux carbapénèmes. Ces traitements sont dits de “dernier recours”. Cette bactérie est particulièrement virulente dans les unités de soins néonatals et de soins intensifs. Ce nouvel antibiotique semble également pouvoir “s’occuper” de Mycobacterium bovis, responsable de la tuberculose chez les bovins.

Des tests supplémentaires seront bien évidemment nécessaires pour confirmer l’efficacité du composé et sa non-toxicité pour les humains, mais les chercheurs sont confiants. Un brevet vient d’ailleurs d’être déposé. Des discussions sont également d’ores et déjà en cours avec certains acteurs de l’industrie pharmaceutique. Il faudra néanmoins être encore un peu patient. Ce nouveau médicament ne pourrait intégrer le circuit que dans une dizaine d’années environ.

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