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Découverte du plus vieil ancêtre des araignées

Crédits : Joanna Liang

Une équipe de paléontologues annonce la découverte d’un petit fossile exceptionnellement bien conservé au Canada. Un ancien prédateur, ancêtre des araignées et scorpions, évoluant il y a environ 500 millions d’années.

C’est une paire d’yeux scintillante dans un rocher des schistes de Burgess, en Colombie-Britannique, qui attira en premier lieu l’attention des chercheurs. Le signe quasi sûr de la présence d’une ancienne créature. Et pas n’importe laquelle. Jean-Bernard Caron et son équipe, du Musée royal de l’Ontario, viennent en effet d’identifier une nouvelle espèce – Mollisonia plenovenatrix – le plus ancien chélicère connu. Cette super-classe englobe aujourd’hui les arachnides, les mérostomes et les pycnogonides. Autrement dit, cette créature vieille d’environ 500 millions d’années est un ancêtre direct des crabes, scorpions et autres araignées. C’est même le plus ancien révélé. Les détails de cette étude sont publiés dans la revue Nature.

Un prédateur féroce

Il n’était peut-être pas bien gros – la taille d’un pouce – mais semblait armé pour être un véritable prédateur des fonds marins. Physiquement (photo ci-dessus) imaginez deux yeux en formes d’œuf. Plusieurs sections de membres lui permettaient de se déplacer dans les sédiments. Il disposait également d’une tête “multi-outils”, avec des membres capables de sentir, saisir, écraser ou encore mâcher. Mais c’est la petite paire de structures, située juste devant sa gueule, qui a vraiment excité les chercheurs.

Il s’agissait bel et bien d’une chélicère, un appendice commun aujourd’hui aux arachnides, mérostomes et pycnogonides. « Ces mêmes pinces sont visibles sur tous les membres de la famille des Chélicérés : on parle de 115 000 espèces différentes, et voici leur ancêtre », s’enthousiasme Jean-Bernard Caron. Ces petites structures lui servaient probablement à saisir, tuer, et pourquoi pas découper ses proies.

Mollisonia plenovenatrix, en vue dorsale, avec ses grands yeux à l’avant. Crédits : Jean-Bernard Caron

Un site incroyablement riche

Il est également à noter que cette espèce semblait déjà particulièrement bien évoluée. Pour les chercheurs, l’origine des Chélicères doit donc être encore plus profonde. Il y a peut-être 540 millions d’années, lorsque débuta la célèbre “explosion” cambrienne. Époque durant laquelle toutes les espèces animales, végétales et bactériennes ont réellement commencé à se diversifier.

Le chercheur en profite également pour nous rappeler l’importance de ces schistes de Burgess, retrouvés dans les hauteurs des montagnes Rocheuses du Canada. Une région particulièrement riche en fossiles du Cambrien. Il resterait, selon lui, encore beaucoup à faire. « Nous pourrions y travailler pendant des décennies et avoir encore le sentiment de ne n’avoir gratté que la surface », dit-il. Pour les intéressé·e·s, le chercheur conseille de se focaliser sur les yeux. « Pour de nombreux fossiles, c’est la première chose que nous voyons : deux points brillants dans un rocher ».

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