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Ce dinosaure pourrait être mort le jour de l’impact de l’astéroïde

Crédits : Science

Une équipe de paléontologues décrit la découverte d’une jambe de dinosaure parfaitement préservée dans le Dakota du Nord. Selon eux, l’animal pourrait être mort le jour de l’impact de l’énorme astéroïde ayant précipité l’extinction des dinosaures non aviens il y a environ 66 millions d’années. Cependant, tous les experts ne sont pas convaincus.

Le site de Tanis, dans le Dakota du Nord (États-Unis), est un célèbre site fossilifère. La BBC a passé les trois dernières années à filmer les lieux dans le cadre un documentaire qui sera diffusé le 15 avril. Pour ce projet, l’équipe de production s’est offert les services des paléontologues britanniques Robert DePalma et Phil Manning. Ces derniers ont récemment présenté leurs découvertes au NASA Goddard Center.

Parmi ces découvertes, une jambe de dinosaure sur laquelle se trouvent encore des tissus mous de peau intrigue particulièrement.

Mort le jour de l’impact ?

Selon Paul Barrett, du Natural History Museum de Londres, cette patte appartient au Thescelosaurus. Il s’agit d’un genre de petits dinosaures herbivores de taille humaine. Point intéressant : il vient d’un groupe pour lequel nous n’avions aucun enregistrement antérieur de l’apparence de sa peau. Ici, les analyses de ses tissus mous soulignent de manière très concluante que ces animaux étaient très écailleux, comme des lézards. Ils n’avaient pas de plumes comme leurs contemporains carnivores.

Autre point très intéressant : sur la base de l’endroit où cette jambe a été trouvée dans le gisement de fossiles, l’équipe suggère que ce dinosaure pourrait bien être mort et avoir été enterré le jour même du célèbre impact d’astéroïde il y a 66 millions d’années dans la péninsule du Yucatán. Deux autres points pourraient appuyer cette idée. Sur la base de son examen, la jambe du dinosaure aurait été arrachée très rapidement. En outre, le membre ne présentait aucun signe de maladie ni de morsures ayant pu être infligées par des charognards.

Les chercheurs pensent que de nombreux restes d’animaux et de plantes se sont retrouvés sur le site de Tanis intégrés dans des décharges de sédiments transportées par d’énormes vagues. Elles-mêmes auraient été déclenchées par les tremblements de terre générés suite à l’impact de l’astéroïde. À titre d’information, le site fossilifère de Tanis se trouve à près de 5 000 kilomètres du point d’impact. D’ailleurs, outre la jambe de dinosaure, Tanis a offert de nombreux autres fossiles intrigants, comme une tortue embrochée par un pieu.

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Les tailles de Thescelosaurus (à droite), Parksosaurus (au centre) et Orodromeus (à gauche), comparées à des humains. Crédits : Steveoc 86

Une théorie controversée

Tout le monde n’est pas forcément d’accord avec cette interprétation. C’est notamment le cas de Steve Brusatte, paléontologue à l’Université d’Édimbourg en Écosse. Interrogé par la BBC, il suggère qu’il est tout à fait possible que ce Thescelosaurus et d’autres animaux découverts sur le site soient morts des jours ou des années auparavant. En réalité, leurs corps pourraient avoir été violemment découverts lors de l’impact de l’astéroïde avant d’être enterrés à nouveau par les débris projetés lors de l’événement.

Il convient également de souligner que le spécimen fossile n’a pas encore été décrit dans une revue scientifique à comité de lecture. Aussi, les futurs points de vue d’autres spécialistes issus de différents domaines seront déterminants pour confirmer ou non cette théorie.

Rappelons que le site de Tanis avait également suscité un scepticisme similaire en 2019. Cette année-là, Robert DePalma et son équipe avaient rapporté la découverte de plusieurs poissons fossilisés dont les branchies étaient criblées de petites sphères de verre appelées sphérules. Tous ces poissons d’eau douce avaient été trouvés mélangés dans un dépôt de 1,3 m, entourés de restes épars de troncs d’arbres et de boue épaisse. Dans leur étude, les chercheurs avaient déterminé que ces sphères de verre avaient environ 65,8 millions d’années. Dès lors, ils avaient émis l’hypothèse que ces dernières s’étaient formées à partir de roche en fusion projetée dans le ciel, là encore le jour de l’impact.