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Découverte d’un nouvel analgésique étonnamment puissant et non addictif

Crédits : Rigby40/Pixabay

Les scientifiques ont étudié un composé appelé BnOCPA sur plusieurs modèles de laboratoire. Ce dernier s’est avéré être un analgésique puissant. L’autre avantage est qu’il ne génère aucune dépendance. Ce nouvel analgésique non addictif pourrait représenter une alternative précieuse aux médicaments opioïdes comme la morphine et l’oxycodone. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Nature Communications.

En France, la haute autorité de santé estime qu’environ douze millions de personnes souffrent de douleurs chroniques. 70% d’entre elles ne reçoivent par ailleurs pas de traitement approprié. De telles douleurs ont naturellement un impact négatif sur leur qualité de vie. C’est pourquoi beaucoup consomment des analgésiques.

Beaucoup de ces médicaments agissent en interagissant avec des protéines à la surface de cellules qui activent des molécules adaptatrices appelées protéines G. Cependant, des problèmes peuvent survenir, car l’activation de certaines protéines G peut entraîner d’autres effets cellulaires tels que la sédation, la bradycardie, l’hypotension ou une dépression respiratoire. En bref, de nombreux analgésiques entraînent souvent des effets secondaires indésirables. Les médicaments opioïdes tels que la morphine et l’oxycodone peuvent quant à eux également entraîner une dépendance. Ces composés deviennent alors très dangereux en cas de surdosage.

L’objectif de nombreux chercheurs spécialisés est donc d’isoler de nouveaux composés capables d’agir puissamment contre la douleur tout en évitant les effets secondaires et les problèmes de dépendance. Au cours de ces derniers mois, l’un de ces composés s’est brillamment illustré : le benzyloxy-cyclopentyladénosine (ou BnOCPA en abrégé).

médicaments analgésique
Crédits : katicaj / Pixabay

Sûr et puissant

Analysé par une équipe dirigée par l’Université de Warwick, ce composé serait sélectif. Il n’active en effet qu’un seul type de protéine G. En conséquence, il entraînerait beaucoup moins d’effets secondaires potentiels. En testant le médicament sur des systèmes modèles tels que des cœurs de grenouilles, des cerveaux de rats et des cellules humaines, les chercheurs ont également découvert qu’en plus d’être un analgésique puissant, le BnOCPA était non addictif.

« C’est un exemple fantastique de sérendipité en science. Nous ne nous attendions pas à ce que le BnOCPA se comporte différemment des autres molécules de sa classe, mais plus nous étudions ce composé, plus nous découvrons des propriétés qui n’avaient jamais été vues auparavant« , explique Bruno Frenguelli, qui a dirigé les travaux. « La sélectivité et la puissance du BnOCPA le rendent vraiment unique. Nous espérons qu’avec d’autres recherches, il sera possible de générer de puissants analgésiques pour aider les patients à faire face à la douleur chronique« , ajoute le Dr Mark Wall, coauteur de l’étude.

Notez que ce composé n’a pas encore été testé dans le cadre d’essais cliniques. La route est donc encore longue avant de pouvoir un jour nous appuyer dessus. Cependant, les résultats semblent très prometteurs.