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Une découverte accidentelle pourrait bien sauver les abeilles

Schéma d'un varroa. Crédits : Agricultural Research Service

Une équipe de scientifiques allemands annonce la découverte d’un nouveau composé chimique qui pourrait sauver les abeilles de parasites qui sucent le sang et nuisent aux colonies : le varroa.

On ne vous l’apprend pas, les populations d’abeilles sont en déclin partout dans le monde. Les fongicides et autres pesticides néonicotinoïdes sont notamment visés dans ce fléau, mais les abeilles, mellifères en particulier, sont en proie à une autre menace : le Varroa destructor. Il s’agit d’un acarien parasite qui ne souhaite qu’une seule chose : leur sucer le sang. Des actes de vampirisme qui non seulement provoquent de nombreuses maladies, mais qui raccourcissent également la durée de vie des abeilles.

Les varroas peuvent ainsi nuire considérablement aux colonies d’abeilles et les mettre à terre, si on ne les contrôle pas. Selon le département de l’Agriculture des États-Unis (USDA), près de 42 % des ruches commerciales auraient été infestées l’été dernier. Une étude récente menée par des scientifiques allemands de l’Université de Hohenheim offre néanmoins une lueur d’espoir grâce au chlorure de lithium. Selon eux, une petite quantité de ce composé chimique suffit à venir à bout de ces acariens, sans pour autant nuire aux abeilles auxquelles ils sont férocement attachés. Ils détaillent leurs travaux dans la revue Scientific Reports.

Crédits : Pixabay / PollyDot

Une découverte inattendue, mais bienvenue. Comme le soulignent les chercheurs : « aucun nouveau composé actif capable de tuer efficacement ces acariens n’avait été enregistré depuis plus de 25 ans ». Les chercheurs ont dans un premier temps testé une solution sucrée administrée aux abeilles, transférée ensuite aux acariens via le sang de leurs victimes. Mais l’équipe a ensuite observé que dans un groupe de contrôle, les acariens traités avec une solution qui n’était pas destinée à être létale étaient également morts. Des tests supplémentaires ont ainsi conduit à la découverte que le chlorure de lithium était le véritable coupable. Il était en effet présent dans la solution de sucre testée, et seulement 25 millimolaires du produit chimique étaient suffisants pour éliminer 90 à 100 % des varroas dans les 24 à 72 heures.

« Les résultats présentés ici indiquent que [le chlorure de lithium] a un potentiel en tant que traitement efficace et facile applicable pour les essaims artificiels et naturels, et en particulier pour le grand nombre d’abeilles utilisées pour la pollinisation aux États-Unis », note le journal. Le chlorure de lithium présente par ailleurs l’avantage de ne pas être nocif pour les mammifères, et est relativement peu coûteux.

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