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Déchets : cette rivière des Balkans fait face à une impensable pollution !

Crédits : capture YouTube / Euronews

La Bosnie, la Serbie et le Monténégro où coule la rivière Drina affichent une passivité consternante. La Drina est une rivière assez importante, par endroits recouverte par la présence d’innombrables déchets. Alors que les affluents de ce cours d’eau sont également touchés, les humains, la faune et la flore sont victimes de cette situation à peine croyable.

Pas d’infrastructures de recyclage

La Drina est une rivière s’écoulant sur 345 km et constituant une bonne partie de la frontière entre la Bosnie-Herzégovine et la Serbie. Son bassin versant couvre une superficie de 19 926 km², soit dix fois moins que le Rhin. Comme l’explique Euronews dans un article du 19 février 2021, la rivière Drina en Bosnie-Herzégovine a disparu sous une véritable couche de déchets, et ce sur une distance de plusieurs centaines de mètres. Lorsque la saison humide arrive, les précipitations charrient les déchets des sites de dépôt sauvage qui se situent près des berges. Par ailleurs, les affluents de la Drina – en Serbie et au Monténégro – font face au même type de problème.

Près de Višegrad (Bosnie-Herzégovine), ces déchets en pleine dérive sont retenus par une barrière flottante plutôt fébrile (faite de barils en métal). Dejan Furtula, représentant de Višegrad Eko-Centar, explique que le phénomène dure depuis une dizaine d’années. L’intéressé met notamment en lumière l’ingestion de microplastique par les poissons, ceux-ci servant souvent de repas aux Hommes. Quant aux déchets, les collectes débouchent sur une incinération, en l’absence d’infrastructures de recyclage qui fonctionnent. Or, il s’avère que la population locale respire les gaz que génère ce processus.

barrage Drina dechets
Crédits : capture YouTube/ Euronews

Une situation qui dure

Depuis le mois de janvier 2021, la barrière flottante a déjà cédé deux fois et les déchets poursuivent leur dérive, inlassablement. Dejan Furtula évoque même la présence de réfrigérateurs usagés dans l’eau, finissant leur course – comme de nombreux autres déchets – contre une centrale hydraulique située en aval (voir vidéo en fin d’article). D’ailleurs, une autre barrière flottante se trouve à deux kilomètres en amont de la première, l’objectif étant de ne pas perturber le fonctionnement de la centrale. Chaque année selon le militant, entre 6 000 et 8 000 m³ de déchets sont collectés dans la zone. Malheureusement, entre les imposants volumes de déchets et une absence criante de volonté politique, difficile de croire que cette situation pourrait rapidement s’arranger.

Certains défenseurs de l’environnement estiment même que cette histoire dure depuis au moins 25 ans et que les trois pays concernés – la Bosnie, la Serbie et le Monténégro – sont passifs et vont même souvent jusqu’à se rejeter la faute entre eux. Or, la résolution de cette situation passerait principalement par l’installation d’infrastructures permettant une gestion responsable de ces nombreux déchets. Ceci permettrait d’éviter de continuer à polluer l’eau et l’air, tout en faisant en sorte que la faune et la flore retrouvent leur éclat.