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La poussière domestique est-elle principalement de la peau morte ?

Crédits : jarmoluk/pixabay

Il existe un mythe selon lequel la poussière domestique serait principalement constituée de peau humaine. En réalité, ce n’est qu’en partie vrai. Les cellules cutanées font bien partie de la composition de la poussière domestique, mais elles sont accompagnées de beaucoup d’autres matériaux.

De quoi se compose la poussière domestique

Aspirateur, balai, plumeau, chiffon, tous les moyens sont bons pour venir à bout de la poussière. Seulement, on a beau essayer de s’en débarrasser, elle revient toujours ! Pour beaucoup, la poussière fait donc partie du quotidien, mais de quoi se compose-t-elle précisément ? Certains diront de la peau humaine, principalement. Il y en a, oui, mais pas seulement.

D’autres matériaux sont en effet également bien présents, parmi lesquels figurent des morceaux de peinture, des fibres, des moisissures, des cheveux, poils et matériaux de construction, du pollen, des exosquelettes d’insectes, de la cendre et de la suie, ou encore des morceaux de terre, pour ne citer que quelques déchets.

Cette liste est basée sur une étude canadienne menée en 2011 sur la poussière. Dans le cadre de ces travaux, les chercheurs avaient prélevé des échantillons dans 1 025 foyers canadiens afin de quantifier la prévalence du plomb.

Les proportions de chacune des composantes variaient d’un ménage à l’autre. Par exemple, une maison nouvellement construite présente énormément de poussière de cloisons sèches, tandis qu’une maison située près d’une route fréquentée est susceptible d’abriter un niveau plus élevé de polluants extérieurs provenant des gaz d’échappement.

Dans l’étude canadienne, les foyers les plus anciens avaient généralement des niveaux plus élevés de plomb dans leur poussière domestique. Rappelons que la peinture et l’essence au plomb ont été progressivement supprimées depuis la fin des années 1970.

500 millions de cellules chaque jour

Cependant, l’estimation couramment citée selon laquelle 70% ou 80% de la poussière domestique serait de la peau humaine n’est probablement pas correcte. Selon une étude menée en 2009 sur la poussière domestique dans le Midwest américain, 60 % des composants échantillonnés provenaient de l’intérieur, tandis que les autres provenaient de l’extérieur. Or, ces 60 % d’intérieur comprenaient tout : de la peau, mais aussi des fibres organiques, des matériaux de construction, etc.

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Crédits : stevepb/Pixabay

Le fait que de la peau humaine se retrouve dans nos poussières n’est pas vraiment surprenant. Nous perdons en effet beaucoup de cellules cutanées lorsque nous vaquons à nos occupations. Un adulte moyen en libère environ 500 millions chaque jour, soit 0,03 à 0,09 gramme de squames cutanées par heure. Cependant, tous les flocons de peau morte ne se retrouvent pas sur les sols. Beaucoup finissent également dans les canalisations du bain ou de la douche, tandis que d’autres, accrochés aux vêtements, se retrouvent dans la machine à laver avant d’être évacués.

Au passage, la présence de cellules cutanées dans notre maison n’est peut-être pas une si mauvaise chose. Dans le cadre d’une étude publiée en 2011, des chercheurs avaient en effet constaté que des niveaux plus élevés de cholestérol et de squalène (huiles présentes dans la peau morte) dans la poussière étaient associés à des niveaux plus faibles d’ozone à l’intérieur. Or, nous savons que l’ozone est un polluant qui peut provoquer une irritation des poumons.