in

De quoi est morte cette “momie qui hurle” il y a 3 000 ans ?

Crédits : Dr Zahi Hawass / Facebook

Il y a environ 3 000 ans, en Égypte, une femme poussait un dernier cri avant de mourir, affichant une expression de douleur qui restera figée pour toujours. De quoi est décédée cette momie ? De nouvelles recherches évoquent une possible attaque cardiaque.

En juin 1886, le Français Gaston Maspero, alors chef du Service des antiquités égyptiennes, met la main sur plusieurs momies royales retrouvées à Deir el Bahari, dans une cache de la Vallée des Rois (Égypte). L’archéologue est alors surpris de découvrir dans l’un des cercueils la momie d’un jeune homme désormais célèbre, dont les pieds et les poings portaient des traces de liens. Son visage, crispé, affichait également une expression de douleur.

Une étude réalisée en 2012 a finalement révélé que ce jeune homme se nommait autrefois Pentawere, et qu’il était le fils du pharaon Ramsès III.

Selon les chercheurs, ce dernier serait décédé d’une blessure à la gorge après avoir été reconnu coupable du meurtre de son père dans le but de s’emparer du trône. Il est donc possible que ce “traître” ait été exécuté par pendaison.

Ceci étant dit, ce n’est pas de cette momie dont il est ici question. Dans le cadre de ces mêmes recherches, un autre corps embaumé présentant le même type d’expression faciale avait été retrouvé. Celui d’une femme, cette fois. Les experts pensent qu’il pourrait s’agir d’une princesse du nom de Meret Amun, décédée il y a environ 3 000 ans.

De quoi est-elle décédée ? Pourquoi affiche-t-elle, elle aussi, une expression aussi effrayée sur son visage ?

Une possible crise cardiaque

Dans le cadre de ces travaux, des radiologues et des archéologues de l’Université du Caire en Égypte ont effectué des tomodensitogrammes. Ces derniers ont finalement révélé que la femme souffrait, au moment de mourir, d’une grave athérosclérose des artères coronaires.

Grossièrement, ses artères, censées alimenter son coeur en sang, se sont bouchées à cause d’une accumulation de plaques. Les chercheurs ont diagnostiqué une athérosclérose notable dans les artères du cou, de l’aorte abdominale et des artères iliaques, ainsi que dans les artères des membres inférieurs.

Cette maladie aurait alors finalement débouché (sans mauvais jeu de mots) sur une crise cardiaque. Évidemment, il reste compliqué de certifier qu’une attaque a bel et bien entraîné son décès, mais les chercheurs en sont à peu près convaincus.

La victime, paniquée, serait alors finalement restée coincée avec la bouche bée à cause de la rigidité cadavérique (rigor mortis). « Nous supposons que le cadavre de cette femme a été découvert quelques heures seulement après sa mort », explique le Dr Hawass, qui était également ancien ministre d’État aux Affaires des Antiquités en Égypte.

Selon lui, les embaumeurs ont ensuite probablement momifié son corps contracté avant qu’il ne se décompose ou se détende. « C’est pourquoi ils n’ont pas pu fermer sa bouche ou mettre le corps en position allongée, comme c’était le cas avec les autres momies, préservant ainsi son expression faciale et sa posture au moment de la mort », a-t-il ajouté.

momie
Crédits : Zahi Hawass/Facebook

Les possibles causes de sa maladie

De nos jours, l’athérosclérose est généralement liée à une mauvaise alimentation, à un manque d’exercice et au tabagisme. À l’époque en revanche, les causes étaient différentes.

Une étude de 2014 a notamment fait valoir que les anciennes momies pourraient, par exemple, montrer des signes d’athérosclérose en raison d’une charge inflammatoire d’origine microbienne ou parasitaire due au manque d’hygiène.

L’inhalation de fumée suite à l’utilisation de feux ouverts pour la cuisson et l’éclairage quotidien représente également une autre cause potentielle. Dans leur étude, les chercheurs ont également souligné que d’autres facteurs de risque, qui ne peuvent actuellement pas être mesurés avec notre technologie, pourraient éventuellement expliquer ces décès.

Source