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De nouvelles preuves suggèrent que Néandertal enterrait ses morts

Crédits : Graeme Barke

Des ossements de Néandertal retrouvés dans une grotte irakienne suggèrent une nouvelle fois que nos anciens cousins prenaient soin de leurs morts.

La grotte de Shanida, retrouvée dans le Kurdistan irakien, est un célèbre site néandertalien. Les ossements de neuf individus ont en effet été découverts dans les années 1950 et 1960. C’est également dans cette grotte que vous retrouverez la “tombe aux fleurs”, suggérant que Néandertal inhumait intentionnellement ses morts.

Des rituels d’enterrements chez Néandertal

Dans cette tombe, découverte en 1960, reposait en effet un spécimen aujourd’hui baptisé Shanidar IV. Il s’agissait d’un homme décédé vers l’âge de 35 ans environ. Son corps reposait sur le côté gauche, en position fléchie dite du “foetus”.

Sous ses os ont également été retrouvées plus de 1 000 unités de pollen réparties en trois agglomérations. Pour les chercheurs, il est vite apparu que ces grains avaient été introduits alors qu’ils étaient encore dans les étamines de leurs fleurs. Autrement dit, de manière intentionnelle.

Finalement parmi tous les squelettes fossiles retrouvés dans cette grotte, Shanidar IV est celui qui soutient le mieux l’existence de rituels d’enterrements chez nos cousins néandertaliens. À l’époque, ceux que l’on considérait comme de véritables brutes sanguinaires sont alors apparus plus humains au yeux de la communauté scientifique.

D’ailleurs la suite leur a donné raison. Des études récentes ont en effet depuis confirmé que les néandertaliens soignaient leurs blessés. Nous savons aussi qu’ils n’étaient pas plus violents que nos ancêtres humains et qu’ils pouvaient être de vrais artistes.

Un “nouveau” squelette, en position endormie

Récemment, des archéologues ont trouvé de nouveaux ossements dans la grotte de Shanidar, qui laissent encore une fois à penser que nos lointains cousins inhumaient leurs proches décédés.

Ces restes n’appartiennent pas nécessairement à un nouvel individu. Pour les chercheurs, il est possible qu’ils complètent les ossements partiels de l’un des premiers corps retrouvés, dont seuls de petits fragments ont été découverts à l’origine.

Ces os ont été trouvés par accident, alors que les archéologues cherchaient à dater certains sédiments dans la grotte. Ces travaux, entamés en 2014, ont pris du temps, retardés à cause de la présence de Daesh dans la région. Finalement un peu plus de cinq ans plus tard, les chercheurs ont enfin pu tirer leurs conclusions.

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Les os du bras gauche et des côtes du spécimen retrouvé. Crédits : Graeme Barker

D’après cette étude, publiée dans la revue Antiquity, ces os appartenaient à une personne adulte décédée vers l’âge de 30 ans il y a environ 70 000 ans.

Le squelette, composé de la majeure partie du haut du corps jusqu’à la taille, était positionné sur le dos. Le bras gauche de l’individu était plié vers le haut avec la main positionnée sous la tête. Son bras droit, plié également, formait un angle à environ 90°, reposant sur son abdomen.

Enfin une pierre retrouvée près de la tête suggère également qu’elle aurait pu être utilisée pour maintenir la tête du défunt tournée vers la gauche. Comme illustré ci-dessous :

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Crédits : Emma Pomeroy

Cette pose d’apparence endormie reste différente de celle de Shanidar IV, très recroquevillée. Malgré tout, les deux squelettes, qui se chevauchent, semblent suggérer que ces deux individus ont été déposés ainsi sur le sol avant d’être enterrés. Les deux reposaient également dans un étroit canal initialement creusé par de l’eau, qui a ensuite été intentionnellement creusé davantage pour le rendre plus profond.

Ces ossements ont depuis été numérisés en 3D pour permettre une analyse plus détaillée. En attendant, les fouilles se poursuivent également sur le site. Les chercheurs espèrent trouver d’autres fossiles, et pourquoi pas de nouveau du pollen.

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