in

De l’orge OGM pour cultiver de la viande artificielle

Crédits : Pikrepo

En Islande, une société cultive des dizaines de milliers de plants d’orge génétiquement modifiés. Le but ? Obtenir des protéines essentielles à la production de viande en laboratoire. Selon les porteurs du projet, il est question de « protéines du facteur croissance » permettant une meilleure production.

Cultiver des protéines pour cultiver de la viande

En 2019, le cabinet de conseil en stratégie A.T. Kearney expliquait dans un rapport que d’ici 2040, une grande partie de la viande que l’humanité consommera proviendrait d’une production en laboratoire. Si ce type de viande existe déjà sur les étals – notamment aux États-Unis, le secteur devrait donc évoluer de manière constante dans les prochaines décennies. Or, la dernière preuve de cette progression a été détaillée dans un court reportage de la BBC du 11 octobre 2021, à propos d’une société basée en Islande : ORF Genetics.

Selon la chaîne britannique, ORF Genetics cultive pas moins de 100 000 plants d’orge génétiquement modifiés dans une serre couvrant une surface de 2 043 m². Selon la start-up, l’orge OGM arrivé à maturité fait l’objet d’une récolte puis d’une purification dans le but d’extraire ce que les responsables nomment «protéines du facteur croissance». Or, ces protéines sont ensuite utilisées en laboratoire dans le cadre d’une production de viande artificielle.

orge plant
Crédits : ulleo/Pixabay

Un rôle important dans le maintien des cellules souches

Le procédé et son objectif peuvent évidemment paraître contre nature. Toutefois, ORF Genetics avance un argument que d’autres sociétés ont déjà mentionné auparavant, à savoir que la viande de laboratoire est une option écologiquement plus viable que la viande traditionnelle. De nombreuses personnes le pensent également, bien que le récent Meat Atlas 2021 a tendance à nuancer ce genre d’affirmations.

Quoi qu’il en soit, ORF Genetics semble avoir pleinement confiance en son projet. En 2010, la société islandaise avait déjà lancé un produit de soin pour la peau utilisant ces fameuses protéines du facteur croissance. Provenant là encore des grains d’orge, ces protéines joueraient un important rôle dans le maintien des cellules souches. Désormais, la start-up veut pénétrer le marché de la viande de laboratoire. Les responsables indiquent que les protéines en question stimulent la croissance des tissus composant la viande comme les muscles et les cellules graisseuses, entre autres.

Arna Runardsdottir, directrice technique chez ORF Genetics a également affirmé que le procédé pourrait régler le problème de la faim dans le monde, et ce dans un contexte d’augmentation de la population. L’intéressée a affirmé que pour atteindre cet objectif, il n’y aurait pas besoin de tuer des animaux, mais de simplement leur prélever des cellules souches.