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Les dauphins femelles ont armé leur vagin pour repousser les mâles indésirables

Crédits : iStock

Le pénis des dauphins est assez bien documenté, mais d’un autre côté, relativement peu d’attention a été accordée aux organes génitaux des dauphins femelles. Pour cette raison, on pensait auparavant que le vagin des femelles avait évolué beaucoup plus lentement, mais des recherches récentes suggèrent que les organes génitaux masculins et féminins peuvent évoluer ensemble. Les femelles ont d’ailleurs armé leur vagin pour repousser les mâles indésirables.

Dara Orbach, de l’université Dalhousie au Canada, a passé ces sept dernières années à étudier le vagin des dauphins. Ses collègues, Patricia Brennan et Diane Kelly, sont quant à elles expertes en pénis d’animaux. Ces trois chercheurs ont donc travaillé ensemble pour tenter de résoudre le mystère de la copulation chez les dauphins et autres cétacés dans l’océan. En comprenant le coït animal, Dara Orbach et ses collègues maximisent donc les chances de pouvoir sauver certaines espèces de l’extinction grâce à l’insémination artificielle.

« Alors que cela semble normal de dire que le pénis entre sans problème dans le vagin lors de la copulation, le biomécanisme et les détails de l’adaptation anatomique peuvent être complexes et sont rarement étudiés », explique Dara Orbach. « Il s’avère que les femelles baleines, dauphins et marsouins ont des plis et des spirales peu communs et des creux dans le vagin. Le pénis et le sperme doivent donc traverser avec succès cette zone pour aller fertiliser les ovules ». De même que des structures vaginales complexes se retrouvent dans plusieurs espèces de canards (les vagins de canard ont évolué pour rendre la copulation plus difficile), il semblerait que les vagins des cétacés avaient également évolué pour éviter les spermatozoïdes indésirables. « Dans l’océan, une femelle dauphin ne choisit en effet pas forcément le mâle avec qui elle s’accouple, mais elle peut visiblement choisir quel mâle ou, plus précisément, quels spermatozoïdes pourront féconder son œuf », ajoute la scientifique.

Les spécialistes expliquent avoir ici récupéré des organes reproducteurs de grands dauphins (Tursiops truncatus) mâles et femelles décédés de mort naturelle pour fabriquer des moules en silicone. Après avoir gonflé les pénis de sorte à mimer une érection, les chercheurs ont ensuite simulé une copulation en pénétrant ces pénis dans des vagins précédemment retirés. Grâce à l’imagerie médicale, ils ont alors pu déterminer les zones des deux organes qui entrent en contact. Suite aux tests effectués, il semblerait que la position idéale pour une fécondation réussie semble être le mâle sur le dessus avec son pénis accroché sous la femelle. Toute déviation, même subtile, a eu en effet comme conséquence une pénétration infructueuse. « Les femelles semblent parfois très passives pendant l’acte sexuel. Mais en y regardant de plus près, on se rend vite compte qu’elles ont le pouvoir de contrôler la paternité », s’étonne la chercheuse.

Grâce à ces résultats, les chercheurs se donnent aujourd’hui les moyens de sauver certaines espèces en danger comme les marsouins du Pacifique en maximisant les chances de réussite lors des inséminations artificielles.

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