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Une étude établie où et quand les chevaux ont été domestiqués pour la première fois

Crédits : GepaardmetKelly/Pixabay

Un nouvel article publié dans la revue Nature, appuyé par l’analyse de 273 génomes de chevaux anciens, détermine la date et le lieu où les chevaux modernes ont été domestiqués pour la première fois. Rendez-vous dans les steppes d’Eurasie occidentale, il y a 4 200 ans.

Pendant des décennies, les scientifiques ont essayé de découvrir quand et où les chevaux modernes ont été domestiqués pour la première fois. Ils ont enfin résolu le mystère. Après avoir collecté et séquencé 273 génomes de chevaux anciens, une équipe de 162 auteurs dirigée par Ludovic Orlando, paléogénéticien et directeur de recherche du Centre d’anthropobiologie et de génomique de Toulouse, conclut que ces animaux ont été domestiqués il y a environ 4 200 ans dans les steppes du sud de la Russie, près de l’intersection des rivières Volga et Don.

Un véritable travail de détective

Initialement, les chercheurs avaient tourné leur attention vers les steppes kazakhes où les fouilles d’anciennes colonies de Botai suggéraient que ces éleveurs étaient parmi les premiers à domestiquer les chevaux, en témoignaient les quelques fragments d’os de chevaux et de pots en argile recouverts de ce qui semblait être du lait de jument retrouvés sur place.

En 2018, une équipe de chercheurs, dont le Dr Orlando, a toutefois séquencé les génomes de ces ossements de Botai. À leur grande surprise, il s’est avéré que ces chevaux n’avaient pas « donné naissance » aux chevaux modernes. En réalité, ils se présentaient comme les ancêtres directs des chevaux de Przewalski, une lignée trapue considérée aujourd’hui comme les derniers chevaux sauvages de la planète. Il en est finalement ressorti que les Przewalski étaient plutôt les descendants sauvages de domestiques.

Aussi, l’énigme des origines des chevaux modernes restait irrésolue, ce qui a mené les chercheurs jusqu’à présent concentrés sur les steppes kazakhes à étendre leurs travaux à toute l’Eurasie.

Dès 2016, le Dr Orlando et son équipe ont commencé à collecter tous les anciens os de cheval sur lesquels ils pouvaient mettre la main, ce qui permit de cartographier les génomes des chevaux dans le temps et dans l’espace. Au fur et à mesure, l’origine des chevaux s’est alors précisée. Il y a un peu plus d’un an, ils ont finalement pu localiser précisément l’emplacement : la région Volga-Don, dans l’actuelle Russie.

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Crédits : DaronHerbert/Pixabay

Un tournant pour l’humanité

En s’appuyant sur cet ensemble de données, les chercheurs ont également découvert que les chevaux modernes présentaient deux différences génétiques marquées par rapport aux autres lignées anciennes : un gène lié à la docilité et un autre à une colonne vertébrale plus solide. Véritables symptômes de la domestication, ces traits ont permis à ces animaux de fondamentalement transformer la mobilité à longue distance et la guerre dans les sociétés humaines.

Enfin, l’étude renverse également une théorie préexistante suggérant qu’un peuple de pasteurs appelé Yamnaya était capable de migrer à cheval en grand nombre vers l’Europe il y a environ 5 000 ans. Ces travaux ne soulignent en effet aucune preuve témoignant d’une telle domestication. Pour les auteurs, il est plus probable que les bœufs aient été le facteur moteur de leur expansion.