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D’anciens muscles des membres reptiliens trouvés chez le fœtus humain

Crédits : Rui Diogo, Natalia Siomava et Yorick Gitton

Des chercheurs ont découvert que des muscles extra-reptiliens se développaient temporairement chez le fœtus avant de disparaître à la naissance. Certaines de ces structures sont supposées avoir été abandonnées par nos ancêtres il y a 250 millions d’années.

L’atavisme se caractérise par un trait ancien que l’on peut observer dans un organisme moderne. Les dauphins et marsouins par exemple, développent dans le ventre de leur mère un “début” de membres postérieurs, qui disparaissent ensuite. Chez l’humain, les fœtus développent une sorte de petite queue – un témoignage de nos ancêtres – qui disparaît à la huitième semaine de grossesse environ. Les dernières avancées technologiques nous permettent aujourd’hui de mieux appréhender le développement du fœtus humain. Alors forcément, les chercheurs ne s’en privent pas.

Vestiges de nos ancêtres

Pour ces nouveaux travaux, publiés dans la revue Development, des chercheurs de l’Université Howard, à Washington, ont réussi à suivre l’évolution de l’embryon humain, grâce à des images 3D. Ils se sont principalement concentrés sur le développement musculaire des mains et des pieds entre la septième et la treizième semaine de grossesse. Ils ont alors découvert une trentaine de muscles distincts dans chaque membre vers la septième semaine de gestation. Puis, à la 13e semaine, il ne restait que 20 muscles. Certaines structures ataviques avaient alors fusionné avec d’autres, ou s’étaient dégradées avant de disparaître.

Certains de ces muscles, tels que les dorsométacarpales illustrés sur la photo ci-dessous, ont même disparu chez nos ancêtres il y a plus de 250 millions d’années, lors de la transition entre les reptiles synapsides et les mammifères. Ces muscles de membres supplémentaires ne peuvent être identifiés aujourd’hui que chez certains reptiles. Comme les lézards. Il peut arriver, certes, que ces muscles puissent être détectés chez l’Homme adulte. Mais ce type de cas est très rare.

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Vue dorsale de la main gauche d’un embryon humain âgé de 10 semaines. Les dorsométacarpales sont mises en évidence. Ces muscles sont présents chez certains reptiles, mais disparaissent chez l’Homme (ou fusionnent avec d’autres muscles) avant la naissance. Crédits : Rui Diogo, Natalia Siomava et Yorick Gitton

« Auparavant, nous comprenions mieux le développement précoce des poissons, des grenouilles, du poulet et des souris que chez notre propre espèce, explique Rui Diogo, principal auteur de l’étude. Mais ces nouvelles techniques nous permettent de voir le développement humain avec beaucoup plus de détails. Ce qui est fascinant, c’est que nous avons observé divers muscles qui n’avaient jamais été décrits dans le développement prénatal ».

Il est tout de même fascinant de penser que les embryons humains, dans le ventre de leur mère, développent encore de petits muscles présents chez nos ancêtres alors que les dinosaures n’étaient même pas encore apparus  sur notre planète. À l’époque, la plus grande extinction que la Terre ait connue venait d’avoir lieu.

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