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Les traces d’une ancienne méga-inondation découvertes sur Mars

La curiosité de la NASA Mars Rover prend un selfie sur Vera Rubin Ridge en février. Crédits: NASA / JPL-Caltech / MSSS

De nouvelles données recueillies sur Mars par Curiosity prouvent qu’une méga-inondation a balayé le cratère Gale (où évolue le rover) il y a environ quatre milliards d’années. Les détails de ces travaux sont publiés dans Scientific Reports.

Il y a environ quatre milliards d’années, une masse d’eau gigantesque d’au moins vingt mètres de profondeur s’est déplacée à travers le cratère Gale à plus de neuf mètres par seconde, laissant derrière elle des ondulations de surface gigantesques de près de 2,5 mètres de haut et espacées d’environ 140 mètres. Des traces “identiques” aux caractéristiques formées par la fonte de la glace sur Terre il y a environ deux millions d’années. Telle est la conclusion d’une équipe de scientifiques s’appuyant sur de nouvelles données sédimentaires recueillies par le rover américain Curiosity, sur place depuis 2012.

D’après les chercheurs, cette méga-inondation martienne aurait été générée suite à l’impact d’un météore dont la chaleur aurait libéré du dioxyde de carbone et du méthane des réservoirs gelés de la planète. La vapeur d’eau et le dégagement de gaz se seraient alors combinés pour proposer des conditions chaudes et humides, favorisant la formation de pluies torrentielles. Cette eau aurait alors investi le cratère Gale, se combinant avec l’eau descendant du mont Sharp (également dans le cratère Gale) pour produire de gigantesques crues éclair.

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Une image composite en fausses couleurs du mont Sharp, à l’intérieur du cratère Gale. Sur Mars, le ciel ne nous apparaît pas bleu. L’image est ici retravaillée de manière à que les scientifiques puissent distinguer les couches de stratification. Crédits: NASA / JPL

Perseverance en approche

L’équipe scientifique du rover Curiosity avait déjà établi que le cratère Gale était autrefois tapissé de lacs et de ruisseaux persistants. La présence de ces plans d’eau laisse donc à penser que Mars pourrait jadis avoir été capable de supporter une vie microbienne. Néanmoins, était-elle habitée pour autant ? C’est une question à laquelle Perseverance devra répondre. Lancé depuis Cap Canaveral le 30 juillet dernier, le rover devrait atteindre la planète rouge le 18 février prochain.

Notez que Perseverance ne se posera pas dans le cratère Gale, mais dans le cratère Jezero. Et pour cause, cette formation de 45 km de diamètre pour 500 mètres de profondeur est elle aussi  censée avoir abrité de l’eau il y a entre 3,5 et 3,9 milliards d’années. D’après une étude, la zone contient également d’importants dépôts de silice hydratée. Il s’agit d’un minéral particulièrement efficace pour la préservation des biosignatures et des microfossiles.

Une fois sur place, le rover sera en mesure d’effectuer une analyse chimique de ces gisements. Il sera également capable de rechercher la présence de matières organiques dans ces dépôts. Enfin, il sera également question de mettre plusieurs échantillons sous scellés en vue de les ramener sur Terre par le biais d’une mission future. Une fois dans nos laboratoires, les chercheurs pourront alors les analyser avec ne instrumentation de pointe.