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Ceux qui vénèrent les célébrités ont des capacités cognitives plus faibles

Crédits : idrewuk/Flickr

Une étude menée auprès de plus d’un millier de personnes souligne une association entre des niveaux élevés d’obsession pour la vie des célébrités et des scores inférieurs aux tests cognitifs. Cependant, il reste compliqué de savoir si cette fascination pour les icônes culturelles est une cause ou une conséquence de ces compétences réduites.

Près de vingt années de recherche ont produit des résultats mitigés sur la relation entre le culte des célébrités et les compétences cognitives. D’après certains travaux, les performances cognitives auraient tendance à diminuer avec des niveaux plus élevés de culte des célébrités. En revanche, d’autres études n’ont trouvé aucune association entre ces constructions.

Dans le cadre d’une nouvelle recherche, dont les détails sont publiés dans la revue BMC Psychology, une équipe a voulu étendre les travaux antérieurs sur cette association. Pour ce faire, ils ont appliqué la théorie à deux facteurs de l’intelligence de Cattell sur un échantillon d’adultes hongrois.

Une association claire

Pour cette étude, les chercheurs ont recruté 1 763 personnes (environ deux tiers d’hommes, un tiers de femmes) pour une enquête en ligne. Toutes ont effectué deux sous-tests d’intelligence conçus pour mesurer les capacités en vocabulaire (test de vocabulaire) et en symboles numériques (test de symboles à chiffres courts). Les participants ont également répondu à des questions permettant de placer le curseur sur l’échelle d’estime de soi de Rosenberg et sur l’échelle d’attitude des célébrités qui visait à définir leur niveau d’obsession pour les célébrités.

Les chercheurs ont déterminé trois niveaux d’obsession. Celui du « divertissement social » impliquait ceux dont l’intérêt pour les stars se limitait à discuter de leur vie avec des amis. Le second niveau, « intense-personnel », impliquait une réflexion compulsive sur les célébrités, tandis que le troisième niveau, « limite pathologique », impliquait des personnes capables de faire n’importe quoi, tant que leurs célébrités préférées leur demandaient.

Enfin, les données de richesse matérielle subjective, le revenu familial actuel et les données sociodémographiques générales ont également été signalés.

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Johnny Depp Deauville 2019. Crédits : Georges Biard

Après analyses des résultats, il existerait effectivement une association directe entre le culte des célébrités et de moins bonnes performances aux tests cognitifs ne pouvant être expliquée par des facteurs démographiques et socio-économiques.

En revanche, il reste difficile de l’expliquer précisément. Les auteurs postulent que l’obsession des célébrités pourrait entraver les capacités cognitives en raison du niveau intense de concentration et d’attention requis pour maintenir ce « lien émotionnel unilatéral ». Les personnes ayant des niveaux d’intelligence plus élevés pourraient en outre être moins susceptibles d’idolâtrer les célébrités en raison d’une plus grande capacité à reconnaître les « stratégies marketing » chargées de glorifier ces personnages.