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CRISPR : un essai clinique sur deux humains aux États-Unis

Crédits : Top Santé

Tout récemment, les ciseaux génétiques CRISPR ont été utilisés outre-Atlantique sur deux patients atteints d’un cancer. Alors que les résultats de cet essai clinique sont encore inconnus, les questions éthiques sont encore très présentes.

Un essai clinique controversé

Dans un article de la National Public Radio publié le 16 avril 2019, a été rappelé l’espoir entourant CRISPR, la technique d’édition génétique omniprésente dans les médias scientifiques. En effet, les chercheurs des quatre coins du monde espèrent que des modifications très précises apportées à l’ADN pourraient permettre de guérir ou de se prémunir de certaines maladies. Or la NPR a évoqué l’existence d’un essai clinique lancé récemment à l’Université d’État de Pennsylvanie (PennState).

Il faut savoir que cet essai implique deux patients atteints d’un cancer, un myélome pour le premier et un sarcome pour le second. Chacun d’entre eux a reçu un traitement impliquant la technique CRISPR, et ce après que leur traitement de base ne faisait plus aucun effet. Il est question de modifier l’ADN des volontaires afin de permettre aux cellules immunitaires de détruire les cellules cancéreuses.

Alors que ces recherches auraient débuté en septembre 2018, une publication sur la plateforme gouvernementale Clinical Trials parle d’un total de 18 patients. Ainsi, l’étude est très loin d’être terminée, car celle-ci devrait ne devrait prendre fin qu’en 2033 !

Crédits : Flickr/ NIH Image Gallery

Risques et questions éthiques

Alors que les volontaires semblent être des cobayes n’ayant plus rien à perdre, l’équipe américaine n’a pas caché que des effets imprévus pouvaient apparaître. En 2018 déjà, une étude britannique avait pointé du doigt les changements involontaires de certaines cellules au niveau de la modification de l’ADN, lors d’expériences ayant déjà été menées. Ceci pourrait avoir des conséquences potentiellement lourdes, avec l’activation ou la désactivation de gènes importants et occasionner des effets indésirables sur les patients.

Il y a quelques mois, des bébés génétiquement modifiés ont fait leur apparition en Chine, résultat du travail du chercheur He Jiankui. Celui-ci avait modifié l’ADN de deux jumelles nouveau-nées pour les rendre résistantes au virus du SIDA, une nouvelle qui avait laissé perplexe la communauté scientifique. Sommes-nous prêts à générer des mutants ? Pas sûr.

Par ailleurs, mener des expériences sur des embryons et sur des individus adultes comporte des différences, et cela est logiquement source d’incertitudes. En effet, dans le cas des embryons, il existe un fort risque que les modifications soient transmises à leur propre descendance – que celles-ci soient positives ou non. En revanche, dans le cas des volontaires de l’étude en cours à l’Université de Pennsylvanie, l’expérience concerne seulement leur propre ADN et a pour but de les soigner.

Sources : NumeramaSiècle Digital

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