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Création d’une “réserve intégrale” au cœur du Parc national du Mercantour

Crédits : Parc National du Mercantour

Depuis quelques semaines, une petite commune du Var a accueille une réserve intégrale, en plein Parc national du Mercantour. En fermant l’accès au public à cette zone, les autorités en charge désirent étudier les processus écologiques en libre évolution, c’est-à-dire sans aucune intervention humaine.

Un territoire en libre évolution

Le Parc National du Mercantour est l’un des onze parcs nationaux de France. Se trouvant sur les départements des Alpes-Maritimes et des Alpes-de-Haute-Provence, ce dernier est célèbre pour être l’un des plus sauvages du pays. Le Parc National du Mercantour est classé en tant qu’aire protégée de catégorie II par la Commission mondiale des aires protégées de l’Union internationale pour la conservation de la nature.

Le 21 septembre 2021, la page Facebook du Parc National du Mercantour a publié une nouvelle à propos de la création de la Réserve Intégrale de Roche Grande en Forêt domaniale des Sources du Var. Celle-ci est présente depuis le 4 septembre sur la commune d’Entraune, en plein cœur du parc. Un communiqué officiel donne de nombreux détails sur ce projet.

Cette réserve intégrale couvrant une superficie de 500 ha (soit 5 km²) fait l’objet d’une interdiction bannissant toute activité ou présence humaine. Il s’agit de la troisième zone du genre en France. Selon les autorités en charge du parc et l’Office National des Forets (ONF), l’objectif de cette réserve est d’étudier l’évolution naturelle, c’est-à-dire sans aucune intervention humaine. Il est donc question d’une “libre évolution”. Par ailleurs, ce petit territoire est un vaste ensemble de pelouses sur calcaire, de falaises et d’éboulis que quelques habitats forestiers viennent ponctuer.

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Crédits : Parc National du Mercantour

Des travaux pour le futur

Selon le communiqué, la réserve jouera le rôle de site laboratoire pour des travaux scientifiques innovants. Il s’agira pour les chercheurs de disposer de références scientifiques à propos de la réponse des habitats naturels (et des espèces) dans un contexte de dérèglement climatique. Le but est d’obtenir des données permettant de définir des trajectoires évolutives et d’apprécier les capacités de résilience des systèmes de pelouses et des animaux face aux épisodes de sécheresse, ou autres phénomènes météorologiques extrêmes.

Enfin, la création de la réserve s’accompagne d’un plan d’action comprenant l’installation d’une station de mesure permanente. L’objectif ? Recueillir des données météorologiques sur site. Il s’agit ici de variables importantes pour comprendre le climat local et son évolution. Il est également question de réaliser un modèle numérique de terrain. Le but est ici d’établir une cartographie géomorphologique et morphodynamique de cette zone de haute montagne. La finalité de ces travaux devrait déboucher sur l’établissement de protocoles de suivi des processus écologiques et géologiques à long terme.