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Les scientifiques se préparent au crash d’un corps de fusée sur la Lune ce vendredi

La Lune vue par la sonde spatiale Galileo en 1992. Crédits : NASA / JPL / USGS

Un étage de fusée s’écrasera sur la Lune ce vendredi 4 mars. L’impact à venir attire l’attention de nombreux spécialistes. Le Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO) de la NASA examinera notamment les divers changements opérés dans l’exosphère lunaire. La sonde passera également le cratère au scan pour analyser la matière excavée.

Un crash pas comme les autres sur la Lune

Un étage de fusée est sur le point de percuter la face cachée de la Lune ce vendredi à 13 h 25 (heure française). L’impact marquera la première fois qu’un morceau de débris spatial heurte accidentellement la surface lunaire. Naturellement, cela ne compte pas des engins spatiaux qui se sont crashés en tentant d’atterrir sur la Lune ni des corps de fusée dirigés intentionnellement vers la surface pour s’écraser dessus.

À l’origine, ce corps de fusée était considéré comme l’étage supérieur de la fusée Falcon 9 de SpaceX à l’origine du lancement du Deep Space Climate Observatory (DSCOVR), en 2015. Désormais, certains relient l’objet à la fusée chinoise Longue Marche 3C à l’origine du lancement de la mission chinoise Chang’e 5-T1 en 2014.

Le 7 février dernier, des chercheurs à l’Université de l’Arizona ont en effet analysé le spectre de l’objet en utilisant le système RAPTORS (Rapid Astronomical Pointing Telescopes for Optical Reflectance Spectroscopy), un télescope situé sur le campus de l’Université de l’Arizona. En comparant ce spectre à ceux de deux autres boosters (un de SpaceX, un autre chinois), les chercheurs ont déterminé qu’il correspondait mieux au second. Les différences de spectre étaient principalement dues au type de peinture utilisé. Toutefois, la Chine continue de démentir cette information. Autrement dit, officiellement, on ignore encore à qui appartient cet étage de fusée.

Site d’impact supposé du corps de fusée qui percutera la face cachée de la Lune le 4 mars 2022. Crédits : NASA/LROC/ASU/Scott Sutherland

Des analyses à venir

Le crash du 4 mars sera globalement semblable aux impacts survenus lors du programme Apollo de la NASA. À l’époque, les troisièmes étages de fusées Saturn V avaient en effet été intentionnellement dirigés vers la Lune. Ces derniers avaient alors créé des cratères moins profonds que les cratères naturels. Ils arborent aussi une forme plus asymétrique liée au faible angle d’impact.

Ici, la profondeur du cratère et d’autres caractéristiques seront mesurées de manière plus fiable au moyen de la sonde Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO) de la NASA. Celle-ci analysera le comportement de l’exosphère lunaire (une fine couche de gaz) et la matière excavée suite à l’impact.

Pour l’heure, nous savons simplement que cet étage de fusée s’écrasera non loin du cratère Hertzsprung, mais l’emplacement exact de l’impact reste encore indéterminé en raison du type de rotation de l’objet, secoué par la pression du rayonnement solaire. Nous savons qu’il tourne, mais on ignore encore s’il tourne simplement en « mode rôtisserie » ou en « mode culbutage ».