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Cette distillerie transforme des crabes invasifs en whisky d’exception

Crédits : W.carter / Wikimedia Commons

Dans le nord-est des États-Unis, le crabe enragé fait des ravages au sein de la faune marine. En effet, cette espèce invasive impacte fortement les autres crabes ainsi que les fruits de mer locaux. Une distillerie locale a néanmoins eu une idée surprenante afin de contribuer à lutter contre cette menace : transformer ces crabes en whisky.

Le « Crab Trapper », un bourbon très spécial

Le crabe enragé ou crabe vert (Carcinus maenas) est une espèce qui a été depuis longtemps déjà introduite aux quatre coins du monde. Cette espèce est aujourd’hui fortement implantée et est particulièrement redoutable pour la faune environnante. C’est notamment le cas en Nouvelle-Angleterre (États-Unis) depuis que la température de l’eau y est moins fraîche, comme l’expliquait le magazine Forbes dans un article du 15 juin 2022. Par « redoutable », il faut principalement comprendre vorace. En effet, chaque crabe vert peut se nourrir d’une quarantaine de palourdes par jour. Le crabe vert provoque donc progressivement le déclin des fruits de mer locaux et, par extension, celui des autres espèces de crabes qu’ils remplacent.

Située dans l’État du New Hampshire à 100 km au nord de la ville de Boston, la distillerie Tamworth Distilling a eu une idée lumineuse afin de contribuer à lutter contre cette invasion. En effet, elle fabrique un whisky bourbon de quatre ans d’âge (à 46 %), le Crab Trapper, à partir du fameux crabe vert. Évidemment, il s’agit également de business puisque le breuvage est commercialisé autour de 65 dollars la bouteille de 20 cl. Ainsi, après le tout premier whisky élaboré par une intelligence artificielle, voici le tout premier whisky à base de crabes verts.

whisky crabe
Crédits : Tamworth Distilling

Un whisky à siroter

Selon Steven Grasse, le propriétaire de la distillerie, la fabrication de 500 bouteilles de 20 cl nécessite un millier de crabes. Les crustacés sont capturés par un trappeur de la région de Seabrook, toujours dans le New Hampshire, et finissent leur course à la distillerie afin de subir un nettoyage avant la cuisson, permettant obtenir un bouillon. Après refroidissement, ce même bouillon reçoit un apport en alcool neutre de grain, puis se retrouve dans un alambic rotatif sous vide pour la distillation.

Selon Tamworth Distilling, cela donne une « essence de crabe idéale » qui reçoit l’ajout de huit épices avant la mise en bouteille pour un arrière-goût épicé. Pour Steven Grasse, son alcool n’entre dans aucune case et comme tout alcool d’exception, il se destine à être siroté doucement avec des amis et non a être bu en shot comme un vulgaire whisky bon marché lors d’une fête étudiante.