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Covid long : des patients ont recours au « lavage de sang », un traitement controversé

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Crédits : vladm / iStock

Face au Covid long, certains patients se tournent vers une solution expérimentale et coûteuse : le lavage de sang. Or, pour l’heure, aucune preuve scientifique digne de ce nom n’atteste de l’efficacité de ce traitement alternatif.

Le lavage de sang : de quoi s’agit-il ?

En fin d’année 2020, nous évoquions le service des maladies infectieuses du CH Dron qui cherche à mieux comprendre le Covid long. Aujourd’hui, la science éprouve en effet encore des difficultés à cerner le cœur du problème. Du côté des symptômes, nous retrouvons entre autres une fatigue persistante, des douleurs musculaires et des troubles cognitifs. Or, ces symptômes évidemment très désagréables s’inscrivent au moins sur une durée de plusieurs mois.

En l’absence de compréhension totale du phénomène, il n’existe aucun traitement précis. Il existe certes bien une méthode, mais celle-ci n’a pour l’heure aucune base scientifique : le lavage de sang (ou aphérèse). Le journaliste d’investigation britannique Madlen Davies a publié un papier sur le sujet dans la revue BMJ Investigation le 12 juillet 2022.

Mais qu’est-ce que le lavage de sang ? Cette technique consiste à extraire le sang d’une personne afin de le filtrer et d’éliminer les composants indésirables. Ensuite, ce sang est réinjecté dans le corps. Selon les partisans de l’aphérèse, cette méthode améliorerait notamment la circulation sanguine.

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Crédits : kuarmungadd / iStock

Une méthode qui n’a rien prouvé contre le Covid long

Selon la Société allemande de néphrologie, le lavage de sang serait une solution de dernier recours pour les patients atteints de troubles lipidiques incurables. Néanmoins, Madlen Davies rappelle qu’il n’existe aucune étude, recherche ou essai clinique attestant de son efficacité sur le Covid long. Des essais sont effectivement en cours, mais il semble qu’il faille attendre plusieurs années avant d’obtenir des résultats concrets. Malgré cette absence de preuves scientifiques, de plus en plus de personnes tentent ce genre de traitement alternatif. Par ailleurs, ces patients sont capables de dépenser des dizaines de milliers d’euros pour faire un lavage de sang dans des cliniques privées aux quatre coins de l’Europe dans des pays comme l’Allemagne, Chypre ou encore la Suisse.

Toutefois, en plus de ne pas être très efficace contre le Covid long, l’aphérèse comporte des risques. Les patients s’exposent en effet à des saignements (nez et ecchymoses) et même à des hémorragies cérébrales. De plus, le traitement nécessite un important suivi sur la durée pour éviter les complications. Néanmoins, étant donné qu’il s’agit souvent de cliniques à l’étranger, ce même suivi n’est pas facile à mettre en place. Ces cliniques ont d’ailleurs flairé un filon dans la mesure où 5 à 15 % des personnes ayant été infectées par le coronavirus sont concernées par la forme longue de la maladie.