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Covid : un labo suspend les essais de son vaccin après la mauvaise réaction d’un patient

Crédits : TheDigitalArtist/Pixabay

Le groupe pharmaceutique AstraZeneca, partenaire de l’université britannique Oxford, a annoncé une pause dans les essais mondiaux de phase 3 de son vaccin après la mauvaise réaction d’un patient. Il s’agissait de l’un des projets occidentaux les plus avancés du monde.

Une “action de routine”

Les tests de l’un des principaux vaccins candidats au COVID-19 au monde ont été interrompus il y a quelques jours par le groupe pharmaceutique AstraZeneca. En cause : une suspicion d’un “effet indésirable grave” chez un participant au Royaume-Uni.

Si aucun autre détail n’a pour l’heure été révélé concernant cette “mauvais réaction”, AstraZeneca a tout de même tenu à minimiser les craintes. “Il s’agit d’un contrôle de routine qui doit se produire chaque fois qu’il existe une affection potentiellement inexpliquée dans l’un des essais, afin de garantir le maintien de l’intégrité de nos essais“, peut-on lire dans un communiqué.

Adrian Esterman, biostatisticien à l’Université d’Australie du Sud, a également minimisé l’effet de cette annonce. “C’est extrêmement courant. Il y a presque toujours quelqu’un qui meurt ou qui a un accident vasculaire cérébral pendant un essai clinique“, a t-il explique au Sydney Morning Herald.Les gens ne devraient pas être trop découragés… La recherche ne fonctionne pas sur un chemin linéaire. Il y a toujours des hoquets, des obstacles, et parfois nous devons faire machine arrière“.

Près de 50 000 personnes participaient jusqu’à présent à cet essai de phase 3. Tout comme les sociétés américaines Moderna et Pfizer, qui développent elles aussi le même type d’essai clinique, AstraZeneca espérait des résultats avant la fin de l’année, ou début 2021. D’ailleurs, le laboratoire avait même déjà commencé à fabriquer et à pré-vendre des millions de doses en avance au cas où ils seraient positifs.

Notez que les vaccinations de cet essai seront stoppées jusqu’à ce qu’un comité indépendant évalue la dangerosité de l’incident.

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Crédits : fotoblend/pixabay

Maintenir l’intégrité scientifique

Des revers comme celui-ci sont exactement la raison pour laquelle les vaccins ne devraient jamais être développés dans la précipitation. Pourtant, malgré les risques, de nombreux pays, comme la Russie et la Chine, ont accéléré les processus de leurs propres essais. Aux États-Unis, également. Récemment, le président Trump a en effet laissé entendre qu’il pourrait autoriser la commercialisation d’un vaccin prochainement dans la perspective des prochaines élections américaines de novembre.

Contre ce type de pression, les PDG de neuf grandes sociétés pharmaceutiques développant des vaccins COVID-19 – y compris AstraZeneca – se sont engagés cette semaine à “maintenir l’intégrité du processus scientifique” et à ne publier aucun résultat de leur vaccin tant que les médicaments n’auront pas passé la phase 3 de leur essai. De cette manière, ces laboratoires veulent s’assurer de fournir des médicaments véritablement sûrs et efficaces.