in

Covid-19 : pas de variant « Deltacron » pour l’instant

Crédits : Matthew de Lange / iStock

À Chypre, un chercheur affirme avoir découvert une combinaison des variants Omicron et Delta. Pourtant, les informations concernant ce nouveau variant baptisé Deltacron semblent avoir trop rapidement investi les médias. Certains scientifiques affirment en effet qu’il ne s’agirait en réalité pas d’une nouvelle souche du coronavirus.

Pas de fusion des deux variants actuels

Depuis le début de la crise sanitaire en lien avec le coronavirus SARS-CoV-2, toute information ou presque est à prendre avec des pincettes. Comme l’explique France Info dans un article du 11 janvier 2022, les récentes rumeurs concernant un nouveau variant ne seraient par exemple pas réellement fondées. Interrogé par le quotidien Bloomberg le 8 janvier, Leondios Kostrikis, le professeur de sciences biologiques à l’Université de Chypre ayant fait cette prétendue découverte, a en effet évoqué l’existence de co-infections Omicron et Delta et surtout la découverte de Deltacron, une nouvelle souche issue d’une combinaison des deux variants précédemment cités. En réalité, il s’agirait ici d’une sorte de recombinaison et il n’existe pour l’heure aucune preuve d’une fusion entre delta et omicron.

vaccin omicron moderna pfizer
Crédits : spencerbdavis1 / Pixabay

Un mélange incohérent

Il faut savoir que le manque de preuves à propos de cette fusion fait consensus au sein de la communauté scientifique. La théorie la plus probable est celle d’une contamination en laboratoire. Les deux variants sont en effet actuellement au cœur de nombreuses contaminations, si bien que les échantillons tests peuvent présenter ces deux mêmes souches. Lorsque l’on évoque ici le terme de contamination, cela signifie que les éléments génétiques d’Omicron et Delta se seraient retrouvés au sein d’un même test de criblage. Autrement dit, le résultat a été faussé puisque laissant croire à l’apparition d’un nouveau variant.

Ayant fait l’objet d’un partage sur la plateforme de surveillance internationale Gisaid, les résultats du chercheur chypriote ont été commentés par d’autres scientifiques. Parmi ces derniers, nous retrouvons la biologiste Florence Débarre, spécialiste française du coronavirus. L’intéressée a expliqué sur Twitter que le séquençage du virus s’apparentait à un genre de puzzle traité ensuite par ordinateur.

Le biologiste moléculaire français Alexis Verger ou encore Tom Peacock, virologue à l’Imperial College London (Royaume-Uni) partagent le même avis. En l’absence de regroupement sur un arbre phylogénétique, les séquences Deltacron semblent clairement issues d’une contamination. Par ailleurs, les chercheurs évoquent davantage un mélange incohérent ou un artefact de séquençage plutôt qu’une recombinaison à proprement parler. Il n’y a donc pas de nouveau variant ou de « super-variant ». Il est donc inutile de céder à la panique.