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Covid-19 : une raison de plus de mettre fin au commerce de la fourrure

Crédits : L214

Plusieurs visons ont été testés positifs au Covid-19 dans des fermes à fourrure aux Pays-Bas. Une raison de plus de stopper ce commerce, estiment plusieurs agences de protection animale.

Si le SRAS-CoV-2 s’attaque durement aux humains, infectant (à ce jour) plus de 3,6 millions de personnes et tuant plus de 250 000 d’entre elles, le virus semble également s’épanouir chez d’autres espèces animales.

Chez les chauves-souris bien évidemment, dont au moins une espèce est considérée comme le principal réservoir de l’agent pathogène. Ou encore chez les pangolins, soupçonnés d’avoir joué les intermédiaires.

Certains félins sont également concernés. Récemment, un tigre du zoo du Bronx (New York) a en effet été testé positif, tout comme plusieurs chats un peu partout dans le monde, dont un récemment diagnostiqué dans l’Essonne, vraisemblablement infecté par ses maîtres (mais désormais guéri).

Tous ces cas de transmission virale inter-espèces ont déjà mené certains chercheurs à monter au créneau pour tirer la sonnette d’alarme. Peta Hitchens, de l’Université de Melbourne (Australie), a notamment insisté sur la nécessité de mettre en place « une réglementation approfondie du commerce et du trafic d’espèces sauvages », ainsi que « des mesures de protection des écosystèmes ».

Les relations inter-espèces sont en effet malheureusement de plus en plus étroites avec l’augmentation de la population humaine qui, inévitablement, empiète sur les habitats fauniques. Les virus sont ainsi amener à se transmettre d’hôte en hôte beaucoup plus facilement.

Nouveaux cas de transmission dans des fermes à fourrure

Il y a une semaine, plusieurs visons ont été à leur tour testés positifs au Covid-19 dans deux fermes à fourrure situées au Pays-Bas. Ces animaux s’ajoutent ainsi à la liste des espèces connues pour être porteuses du virus. Les établissements ont depuis été placés en quarantaine.

Ceci étant dit, ces nouveaux cas de transmission inter-espèces (les visons ont visiblement été infectés par deux membres du personnel), ont mené certaines associations de protection animale à insister, une nouvelle fois, sur la nécessité de mettre un terme à ce type de commerce.

Si les créations de nouvelles fermes de visons sont interdites depuis 2013, les établissements existants sont encore autorisés à pratiquer jusqu’en 2024. Compte tenu de l’urgence sanitaire, l’organisation Peta a écrit une lettre aux ministres néerlandais pour leur demander d’accélérer la fermeture immédiate de ces fermes :

« Permettre aux élevages de visons de poursuivre leurs activités pendant près de quatre ans – face à une crise mondiale due à l’exploitation animale – serait inexcusable du point de vue du risque posé aux humains et des dommages infligés aux visons eux-mêmes », peut-on lire dans un communiqué.

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Crédits : 272447/Pixabay

« Mettre fin à ce sale commerce »

L’organisme Humane Society International a également exhorté les gouvernements d’autres pays – dans lesquels des dizaines de millions de visons, renards, chinchillas et autres lapins sont toujours élevés pour leur fourrure – à accélérer la fermeture de leurs industries. Et pour les pays qui ne se sont pas encore engagés à interdire ce commerce, y compris la Chine et la Finlande, à prendre des mesures immédiates.

« En plus de la souffrance animale, le potentiel de propagation des maladies est une raison supplémentaire de mettre fin à ce sale commerce », a déclaré Claire Bass, directrice exécutive de la Humane Society International / UK. « L’une des leçons que nous devons tirer du Covid-19 est que nous ne pouvons pas continuer à pousser les animaux à la limite de leur endurance sans conséquences graves pour la santé animale et humaine ».

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