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Covid-19 : un vaccin efficace à 80 % pourrait vaincre la pandémie !

Crédits : HeungSoon / Pixabay

Des chercheurs étasuniens ont effectué des simulations afin de comprendre à partir de quelle efficacité un vaccin contre le SARS-CoV-2 pourrait vaincre la pandémie. Selon les directeurs de l’étude, cette efficacité devra être d’au moins 80 %.

L’importance de l’efficacité du vaccin

Actuellement, pas moins de 150 vaccins sont en développement dans le monde. Parmi ces vaccins, cinq ont entamé leur phase III. Il est désormais question de vérifier leur efficacité sur un très large échantillon, à savoir entre 30 et 40 000 personnes. Il s’agit évidemment de la dernière étape avant la demande d’autorisation de mise sur le marché. Par ailleurs, la Russie a récemment annoncé l’arrivée de son vaccin Spoutnik V. En revanche, les autorités sanitaires mondiales, OMS en tête, n’ont pas encore approuvé le produit.

Développer un vaccin et le commercialiser ne suffit pas. En effet, il faut que ce dernier génère une réponse immunitaire suffisante chez un grand nombre de personnes. Or, il s’agit là d’une difficulté déjà connue. Par exemple, le taux d’efficacité du vaccin contre la grippe ne dépassait pas les 30 % en 2016. En effet, il y a eu une nouvelle mutation de la souche dominante du virus. D’autres vaccins s’en sortent beaucoup mieux comme celui contre la rougeole, dont l’efficacité se situe entre 93 et 98 %.

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Crédits : Pikist

Des résultats à nuancer

Des chercheurs de la CUNY Graduate School of Public Health & Health Policy ont mené une étude publiée dans l’American Journal of Preventive Medicine le 15 juillet 2020. Leurs simulations avaient pour but d’établir l’efficacité minimum d’un vaccin pour permettre de vaincre l’actuelle pandémie de Covid-19. Selon les résultats, l’efficacité du vaccin devra être de 60 % si toute la population est vaccinée. Toutefois, le scénario le plus probable est une couverture vaccinale de 75 %. Il faudra alors que le vaccin soit efficace à 80 % pour endiguer la pandémie.

Cet endiguement prendra la forme d’une réduction du pic de 85 % dans le cas où 5 % de la population est déjà immunisée. Cette même réduction sera de 62 % si l’on considère que 15 % de la population a déjà été exposée au virus en l’absence de vaccin. Cependant, les chercheurs pensent qu’un seul vaccin ne pourra pas permettre à lui seul un retour à la normale, c’est-à-dire un quotidien sans gestes barrière et distanciation sociale. Pour cela, il faudrait que le vaccin soit extrêmement performant, mais ce scénario est peu probable.

Et en cas de vaccin moins efficace ?

Les directeurs de l’étude pensent qu’un vaccin avec une efficacité moindre pourrait tout de même être utile. En effet, un vaccin moins efficace peut contribuer à réduire l’engorgement des systèmes de santé. Les chercheurs estiment qu’une efficacité de 40 % permettrait d’éviter 89,5 milliers de jours d’hospitalisation, mais également le placement de 2,8 millions de personnes sous ventilation artificielle.

De plus, s’il ne permet pas d’endiguer complètement la pandémie, celui-ci pourra tout de même être administré en priorité aux personnes fragiles. Cela pourra éviter une grande partie des cas graves et économiser des vies et des coûts d’hospitalisation. L’inconnue concerne aussi le seuil qui sera accepté par toutes les autorités sanitaires mondiales. Aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a déjà déclaré vouloir autoriser un vaccin contre le coronavirus seulement si celui-ci prouve une efficacité d’au moins 50 %.