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Covid-19 : un nouvel anticorps se fixe sur une zone inattendue du virus !

Crédits : NIH Image Gallery / Flickr

Des chercheurs chinois travaillent depuis peu sur un nouvel anticorps issu d’une dizaine de patients guéris du coronavirus. Si ce dernier a un fort pouvoir neutralisant, la cible n’est pas la même que celle habituellement visée par les autres anticorps !

Un anticorps spécial

À la fin du mois de mai 2020, nous évoquions des recherches menées à Taïwan. Les scientifiques ont en effet découvert un anticorps monoclonal capable d’empêcher le virus SARS-CoV-2 (Covid-19) de pénétrer dans le corps humain. Il est question d’une capacité d’inhibition du virus allant de 90 % à 98 %.

Une étude pilotée par le Beijing Institute of Biotechnology (Chine) et publiée dans la revue Science le 22 juin 2020 a identifié un nouvel anticorps efficace contre la Covid-19. Extrait du sang d’une dizaine de personnes guéries, cet anticorps nommé 4A8 aurait un fort pouvoir neutralisant selon les chercheurs. Or, cet anticorps est spécial dans la mesure où celui-ci s’attaque à une autre partie de la protéine responsable de l’infection !

Efficace de manière surprenante

Rappelons que l’inoculation d’un vaccin signifie la présence d’une version inoffensive d’un micro-organisme. Ceci permet de produire de nombreux anticorps afin de combattre le micro-organisme indésirable. Ainsi, les anticorps se fixent de manière très spécifique sur certaines molécules du virus (épitopes). Dans le cas du SARS-CoV-2, l’épitope le plus commun est la protéine virale S (Spike), responsable de l’interaction avec le récepteur ACE2 de nos cellules et donc, de l’infection.

schéma sars protéine S
Crédits : OTRS / Wikipedia

Dans leur publication, les chercheurs chinois expliquent que l’anticorps 4A8 cible un autre épitope. En effet, ce dernier reconnaît l’extrémité opposée de la protéine Spike, et non celle entrant habituellement en contact avec le récepteur ACE2 ! Et pourtant, aussi étonnant que cela puisse paraître, il est bien question d’un fort pouvoir neutralisant. Pour les scientifiques, le tout est de savoir comment 4A8 empêche l’infection tout en évitant de bloquer le point de contact entre le virus et la cellule.

Les meneurs de l’étude ont formulé une hypothèse concernant la protéine virale S. Afin de se lier au récepteur ACE2, celle-ci doit changer plusieurs fois de conformation dans l’espace. Sans cela, impossible d’entrer en contact. D’après les analyses des structures de ces protéines, l’anticorps 4A8 serait capable d’empêcher les modifications de la protéine S – et donc sa capacité à interagir – en s’attachant à son autre extrémité.

Pour les scientifiques chinois ayant breveté 4A8, l’objectif est désormais d’améliorer l’efficacité du traitement. L’intérêt principal est de permettre de multiplier les zones d’action et surtout, d’éviter que le virus ne survive et mute.