in

Covid-19 : “tromper” le virus, une solution pour traiter les patients ?

Crédits : BlenderTimer/pixabay

Des chercheurs français ont récemment affirmé suivre une piste sérieuse concernant un traitement local de la Covid-19. Ces derniers ont isolé des vésicules extracellulaires in vitro, celles-ci jouant un rôle de leurre biologique capable de “tromper” le virus. Quel est le potentiel de cette piste ?

Les vésicules extracellulaires au cœur de l’étude

Rappelons que le coronavirus SARS-CoV-2 est recouvert à sa surface par une protéine “S” en pointe. Cette caractéristique lui confère d’ailleurs cette apparence en forme de couronne (coronavirus). Afin de pénétrer les cellules du corps humain et en particulier celles des poumons, la protéine S va se lier à un récepteur présent à leur surface : le récepteur ACE2. Ensuite, un autre récepteur (le TMPRSS2) se charge de transformer la protéine S afin de lui ouvrir la voie vers l’intérieur des cellules (voir schéma ci-dessous).

schéma Covid-19
Crédits : Leibniz Institute for Primate Research

Des chercheurs de l’Institut Curie ont publié une étude dans The Journal of Extracellular Vesicles le 28 décembre 2020. Clotilde Théry (INSERM) et son équipe ont isolé des vésicules extracellulaires à partir de cellules en culture. Or, ces vésicules extracellulaires présentaient à leur surface des récepteurs ACE2, avec ou sans récepteur TMPRSS2. Rappelons au passage que les vésicules extracellulaires sont naturellement produites dans notre corps. Ayant l’apparence de “petites bulles”, leur surface ressemble à celle des cellules humaines.

Un espoir de traitement en local

L’étude a montré que la protéine S du SARS-CoV-2 est capable de reconnaître ces vésicules, ces dernières pouvant ainsi servir de leurre biologique. Elles piègent le virus en l’empêchant de se fixer aux cellules tout en diminuant son infectiosité. Par ailleurs, les scientifiques de l’étude ont affirmé que l’efficacité des vésicules était directement en lien avec leur nombre de récepteurs ACE2. De plus, cette efficacité est augmentée en cas de présence de récepteurs TMPRSS2. Pour les chercheurs, les vésicules extracellulaires représentent une piste sérieuse pour traiter la maladie en local. Cela pourrait notamment permettre de diminuer les risques d’infection ou encore de réduire l’ampleur de l’infection.

Les vésicules que nous avons isolées servent de leurre au virus SARS-CoV-2 et le neutralisent. Elles pourraient donc être facilement utilisées en traitement local contre la Covid-19“, a déclaré Clotilde Théry.

Les chercheurs français ont en tout cas déclaré vouloir poursuivre cette piste thérapeutique inédite et unique. Leur objectif sera notamment d’obtenir des précisions sur sa faisabilité, son efficacité et sur l’éventuelle présence d’effets secondaires. En cas de validation de cette solution, il deviendra alors possible de développer un médicament.