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Covid-19 : la seconde vague durant l’été 2020 était en fait liée aux variants

Crédits : TheDigitalArtist/Pixabay

Deux universités belges ont collaboré pour une étude dont les résultats ne sont pas vraiment optimistes. Selon les chercheurs, plus de la moitié des souches du coronavirus SARS-CoV-2 présentes en Europe à la fin de l’été 2020 avaient été introduites après la mi-juin seulement. Les départs en voyage cet été pourraient malheureusement contribuer à l’installation massive du variant delta et éventuellement causer une quatrième vague de Covid-19 en Europe.

Des craintes pour cet été

De nombreux observateurs l’affirmaient : la deuxième vague de Covid-19 à partir de l’été 2020 découle en grande partie de l’impact des voyages internationaux. L’étude publiée par la Katholieke Universiteit Leuven et l’Université Libre de Bruxelles (Belgique) dans la revue Nature le 30 juin 2021 est formelle : dans la majorité des pays étudiés, plus de la moitié des souches circulant à la fin de l’été 2020 résultaient d’introductions depuis le 15 juin. Parmi les pays figurant dans l’étude, nous retrouvons l’Allemagne, la Belgique, la France, les Pays-Bas, le Portugal ou encore le Royaume-Uni.

Nous voici à l’été 2021 et comme beaucoup de citoyens le souhaitaient, les gouvernements ont assoupli les règles et permis les voyages internationaux. Étant donné que le même type de mesures a joué un rôle très important dans l’arrivée de la seconde vague en 2020, les chercheurs belges prônent la prudence. Par ailleurs, ces recommandations arrivent alors que le fameux variant delta fait la une depuis quelques semaines.  Pire encore, il est même depuis peu question d’un variant « delta plus » dont la contagiosité serait encore plus élevée. En Europe, des médecins l’ont repéré dans des pays tels que le Portugal et la Suisse.

aile avion
Crédits : PxHere

Une possible quatrième vague

En utilisant des données sur l’épidémie, les chercheurs de l’étude ont reconstitué la distribution géographique des souches de virus ayant été introduites depuis le 15 juin 2020. Par ailleurs, de nombreuses zones touchées avaient un taux de circulation du virus très faible avant cette introduction. Selon les scientifiques, ce phénomène peut se comparer à celui des feux de forêt. Si seulement quelques foyers sont présents, l’arrivée d’autres foyers pourrait accélérer l’incendie et augmenter son intensité. L’étude montre aussi que le succès de la transmission des nouvelles souches est à mettre en lien avec l’incidence locale de la maladie. Ainsi, les pays caractérisés par une incidence estivale relativement élevée ont conduit proportionnellement à moins de chaînes de transmission actives après le 15 août, c’est-à-dire dès les premiers retours de vacances.

Cet été 2021, la situation des pays étudiés est différente par rapport à l’an passé, principalement en raison des campagnes de vaccination. Néanmoins, les chercheurs conseillent de rester prudents. En effet, les campagnes de vaccination ne sont pas forcément terminées et certains variants sont soit plus transmissibles. Aussi, ils pourraient échapper à l’immunité des personnes. Interrogé par le média belge BX1 le 29 juin, Simon Dellicour, le principal auteur de l’étude, indiquait que l’éventuelle arrivée d’une quatrième vague dépendra à la fois de la vaccination et de la progression du variant delta durant cet été.