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Covid-19 : faut-il s’inquiéter du non respect des règles de manipulation des masques ?

Crédits : Eneas De Troya / Wikipedia

Le respect à la lettre des règles formulées par les experts de la Covid-19 au début de la pandémie appartient à l’histoire ancienne. Avec une cinquième vague de contamination en Europe et l’apparition du variant Omicron, doit-on craindre les largesses de nombreuses personnes quant à la manipulation de leurs masques ?

Des libertés pas si dangereuses ?

Pratiquement deux ans après l’apparition du coronavirus SARS-CoV-2, il n’est pas rare de croiser des personnes ayant relégué au second plan les recommandations initiales à propos du port du masque chirurgical. Nombreuses sont celles n’hésitant pas à glisser leur masque autour de leur bras ou ranger ce dernier dans une poche ou un sac en attendant d’entrer dans un lieu. D’autres nettoient leurs masques usagés avec le linge de la semaine. Et lorsque le masque est bel et bien porté, il se trouve assez souvent sous le nez.

Faut-il donc s’inquiéter de ces libertés prises avec le masque ? Dès le printemps 2020, le port du masque s’accompagnait de précautions strictes quant à sa manipulation. En effet, les experts avaient indiqué que la transmission se faisait par les mains et les surfaces. Se laver les mains avant chaque manipulation était alors très important. En réalité, la transmission par voie aérienne est beaucoup plus effective, rendant cette précaution moins utile.

masque Covid 19
Crédits : Nickolay Romensky / Wikipedia

Le lavage des masques est tout à fait possible

Selon Denis Corpet, professeur en hygiène et nutrition à l’Université de Toulouse et membre du collectif scientifique Adios Corona, les propriétés de filtration du masque se réduisent en cas d’humidité. Aussi, le changer après plusieurs heures d’utilisation est requis, surtout si l’on parle, tousse, éternue ou transpire. En revanche, il n’est pas forcément nécessaire de le jeter. Pour l’expert, il est possible de sécher le masque, par exemple dans une enveloppe en papier ce qui permettrait une décontamination suffisante.

Quant au lavage en machine, rien n’empêche de laver ses masques avec d’autres vêtements. Il s’agit aussi d’une forme de recyclage, au moment où les masques sont un véritable fléau pour l’environnement. Pour Philippe Cinquin, coordinateur scientifique du Centre d’investigation clinique du CHU de Grenoble, il est tout à fait possible de laver ses masques en machine à 40°C durant une demi-heure avant de les laisser sécher à l’air libre. Au final, cela causerait une perte de seulement 10 % des capacités de filtration du masque.

Entre recommandations et incertitudes

Néanmoins, quelques recommandations sur le port du masque restent encore très pertinentes, l’intérêt étant avant tout de réduire fortement la projection d’aérosols potentiellement infectés. Par exemple, il faut éviter de croiser les élastiques en portant son masque. Sinon, il aura tendance à bâiller sur les côtés. Il faut aussi bien ajuster la barrette nasale pour réduire le risque de fuite. Évidemment, porter son masque sous le nez a toujours été et est encore une attitude à bannir.

Enfin, au niveau de la conservation du masque entre deux usages, aucune méthode ne fait l’unanimité, qu’il s’agisse du port autour du bras ou du stockage dans une poche ou un sac. En réalité, le principal est d’éviter de détériorer le masque, voire de le déchirer. Certaines incertitudes persistent toutefois et ce n’est pas un hasard, les études en situation réelle étant plutôt rares.