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Covid-19 : quelques « superpropagateurs » responsables de la majorité des contaminations ?

Crédits : Matthew de Lange / iStock

Et si très peu de malades étaient responsables de la plupart des infections ? En effet, le Covid-19 se propage principalement avec les clusters, ces groupes de cas ayant une origine commune. Des chercheurs évoquent donc une superpropagation liée à des variations individuelles. Néanmoins, les espaces clos auraient également joué un rôle important.

Les indices de reproduction et de dispersion

Un article publié par le magasine Science le 19 mai 2020 apporte de nouvelles données sur la propagation du Covid-19. En effet, il est question de « superpropagateurs ». Il peut s’agir soit d’individus aux caractéristiques encore mal définies, soit d’une combinaison entre une personne malade et un environnement favorable à la propagation du virus (ex : espaces confinés).

Évoquons tout d’abord l’indice de reproduction R0, relatif au nombre de personnes qu’un individu contaminé peut infecter. Si cette valeur se trouve en dessous de 1, le nombre de malades se retrouve en infériorité face aux personnes contaminées. Dans le cas du Covid-19, ce même indice R0 était situé entre 2 et 3, autrement dit chaque personne infectée pouvait contaminer entre deux et trois personnes saines.

Toutefois, un autre paramètre vient s’ajouter au premier : le facteur de dispersion « k ». Celui-ci détermine si l’indice de reproduction R0 est homogène entre les malades. Or, si ce dernier diffère de façon importante suivant les malades, il devient question d’une grande dispersion des contaminés (cas secondaires).

Ainsi, un indice k inférieur à 1 est synonyme de l’existence de superpropagateurs au sein de la population. En effet, plus cette valeur est faible, plus le nombre de personnes responsables des contaminations est réduit. En 2005, des chercheurs avaient calculé l’indice k pour l’épidémie de SRAS de 2003 : 0,16. Autrement dit, les superpropagateurs avaient joué un rôle immense dans la propagation de ce coronavirus.

Hong Kong masques
Crédits : 中国新闻网 / Wikipédia

L’importance du rôle des espaces clos

La publication de Science indique qu’il faudra attendre encore un peu avant d’être certain de l’existence de superpropagateurs en ce qui concerne le SARS-CoV-2 (Covid-19). En effet, ce genre d’information fait habituellement l’objet de certitudes de manière rétrospective, et ce après un traçage épidémiologique. Ainsi, s’il s’agit de pratiquer des analyses, des chercheurs ont déjà communiqué de premières estimations. Des travaux suisses publiés fin janvier 2020 estimaient que l’épidémie de Covid-19 était moins assujettie aux superpropagateurs que les épidémies de SRAS ou encore de MERS (2012).

L’épidémiologiste Gabriel Leung de l’Université de Hong Kong soutient d’ailleurs cette affirmation. L’intéressé note en effet des différences avec le SARS-CoV-2. Toutefois, ce dernier rappelle que l’on a tout de même repéré de nombreux clusters, autrement dit à chaque fois quelques personnes responsables d’un grand nombre de contaminations.

Enfin, si les facteurs spécifiques au coronavirus (ex : mutations) et à ses hôtes (ex : personnes asymptomatiques) sont très importants, le comportement des personnes ainsi que l’environnement jouent un rôle très important. Concernant cette dernière notion, il peut être question de la densité de population ou encore de la proximité entre les personnes. De fait, les endroits confinés sont spécifiquement pointés du doigt.

Une publication chinoise (PDF en anglais / 22 pages) diffusée début avril 2020 montrait que sur 318 clusters, seulement un était apparu à l’extérieur. Les autres auraient tous trouvé leur origine dans des espaces clos. Surtout, cette étude avait conclu à un risque 19 fois plus important concernant ce type d’espaces !