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Covid-19 : quel traitement Donald Trump a-t-il reçu ?

Crédits : Gage Skidmore / Wikipédia

À la veille de l’élection présidentielle aux États-Unis, le président sortant Donald Trump a été testé positif au SARS-CoV-2. Or, le chef d’État a reçu un traitement encore en phase d’essai, une véritable aubaine pour la start-up l’ayant mis au point.

Un traitement multiple

Depuis environ une semaine, le président des États-Unis Donald Trump a le coronavirus. Comme l’explique Bloomberg ou encore le New York Times, une équipe médicale a administré à l’intéressé un traitement multiple. Il est question d’une injection massive de 8 g de REGN-COV2, un cocktail d’anticorps mis au point par la start-up Regeneron. Le président a aussi reçu du remdesivir, une molécule qui fut un temps un prétendant sérieux pour le traitement du coronavirus. Toutefois, son efficacité avait été ensuite remise en cause. Enfin, du dexamethasone (un corticostéroïde dont l’efficacité est prouvée dans les cas les plus graves) lui a également été administré.

Parmi ces substances, celle de Regeneron est la plus plébiscitée. Or, il s’agit là d’une véritable aubaine pour la société, recevant un sérieux coup de pub venu de nulle part. Néanmoins, ce traitement pose question, car bien que prometteur, il est toujours en phase de test. Selon Regeneron, Donald Trump lui-même a demandé à ce qu’on lui administre ce traitement.

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Crédits : Pixabay / FotoshopTofs

Une bonne affaire pour les actionnaires

Alors que les Étasuniens continuent de mourir du coronavirus, Donald Trump décide donc de devenir une sorte de cobaye. Pour Regeneron, la lumière sur ce traitement est un véritable coup de pouce à un moment où l’industrie pharmaceutique est en guerre pour imposer de nouveaux médicaments afin de lutter contre le SARS-CoV-2. Évoquons le fait que d’autres sociétés telles que Eli Lilly & Co. ou AbCellera Biologics travaillent sur des substances similaires au REGN-COV2. Forts de cet avantage concurrentiel, les actionnaires de Regeneron sont donc évidemment heureux de la nouvelle. En hausse de près de 60 % sur l’année 2020, le cours de la start-up a augmenté de 10 % avec l’annonce de l’administration du traitement sur le président.

Évoquons également la question de la sécurité concernant cette décision médicale. Il s’avère que le fait de court-circuiter les processus classiques de validation sanitaire d’une nouvelle substance n’est pas très judicieux. Effectivement, le REGN-COV2 n’a encore reçu aucun feu vert de la Food & Drugs Administration (FDA). Néanmoins, il y a fort à parier que la Maison Blanche a eu accès à toutes les données de l’étude en cours de Regeneron. Ces données ont vraisemblablement été assez positives pour autoriser l’administration du traitement.