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Covid-19 : pourquoi les antivax rejettent-ils l’idée d’un vaccin ?

Crédits : PIRO4D/Pixabay

En France comme ailleurs, de nombreuses personnes se montrent réfractaires quant à une éventuelle future campagne de vaccination contre le SARS-CoV-2. Sur les réseaux sociaux, les personnes favorables à un vaccin ont parfois des réactions de mépris, voire empreintes de violence face à ce rejet. Est-ce réellement justifié ?

Réticence d’une partie de la population

Selon un sondage de l’institut YouGov, 32 % des 1 023 Français interrogés ont déclaré ne pas vouloir se faire vacciner contre le SARS-CoV-2. Sur les réseaux sociaux, de nombreux noms d’oiseau ont abondamment fusé à l’encontre de ces antivax et autres méfiants. Il faut dire qu’après des mois de pandémie, de confinement et de paralysie de l’économie, une grande majorité d’individus attendent l’arrivée d’un vaccin avec une certaine impatience.

Par ailleurs, le gouvernement français a très bien conscience qu’une frange de la population est méfiante à l’égard d’un futur vaccin. Dans un rapport du 9 juillet 2020, le Comité analyse recherche et expertise (CARE), le Conseil scientifique Covid-19 et le Comité Vaccin Covid-19 faisaient part de leur future stratégie de vaccination. Or, une mention concernant les réfractaires y est présente :

“Une campagne de vaccination contre la Covid-19 pourrait se heurter aux réticences d’une partie de nos concitoyens, comme le suggèrent certaines enquêtes. Dans un contexte de défiance et en présence d’enjeux industriels, la vaccination se prête aux controverses publiques voire au conspirationnisme.”

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Crédits : Flinders University

La peur des conflits d’intérêts

Il faut avoir conscience que toutes les personnes qui refuseraient de se faire vacciner ne font pas forcément partie des habituels mouvements contestataires. Toutefois, peu importe la raison de leur rejet (religion, complotisme ou autre idéologie), ces réticents à l’idée de se faire vacciner contre le SARS-CoV-2 sont de plus en plus nombreux. En revanche, ils ne constituent pas une majorité et soulignons au passage qu’il y a également beaucoup d’hésitants.

Un article publié par Slate le 10 août 2020 a donné la parole à Lucie Guimier, géographe analyste en géopolitique et spécialiste de la question vaccinale. L’intéressée a indiqué que de nombreuses affaires sanitaires passées sont aujourd’hui source de crainte. Certains ont peur de possibles conflits d’intérêts entre les autorités gouvernementales et sanitaires et les laboratoires pharmaceutiques. Cependant, ceci n’implique pas que ces personnes soient empreintes d’un complotisme radical. Plusieurs entreprises de biotech ont déjà signé des contrats de plusieurs millions d’euros. De ce fait, la suspicion est plus facilement compréhensible. De plus, l’actuelle crise sanitaire a révélé manque de transparence et de sérieux, à la fois de certains chercheurs et politiques.

Une méfiance face au vaccin liée à de multiples raisons

Il faut également savoir que les vaccins sont encore en cours de développement, malgré l’annonce récente de Vladimir Poutine. La crise actuelle implique la conception et la commercialisation d’un vaccin en un temps record. Ainsi, une frange de la population a peur d’un vaccin conçu “à la va-vite”. Or, cette crainte concerne entre autres d’éventuels effets indésirables à plus ou moins long terme. Citons également la méfiance émanant des personnes ayant déjà développé des réactions à la suite d’un autre vaccin. Il existe des témoignages rapportant de tels effets, notamment concernant le vaccin contre le virus H1N1.

La méfiance trouve également sa source dans certaines déclarations de chercheurs et même du gouvernement des États-Unis. Selon ces déclarations, tous les vaccins contre le SARS-CoV-2 seront réactogènes et provoqueront donc des effets indésirables. Enfin, les jeunes sont encore plus susceptibles d’être méfiants. Depuis le début de la pandémie, on leur répète sans cesse que la Covid-19 a un faible impact sur les individus jeunes et en bonne santé. Ainsi, une partie de la jeunesse pourrait préférer attraper le coronavirus plutôt que de subir les effets indésirables d’un vaccin.