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Covid-19 : moins de pollution dans l’air, mais plus de plastique !

Crédits : PxHere

En Europe comme ailleurs dans le monde, les mesures prises pour lutter contre la diffusion du coronavirus ont permis d’améliorer provisoirement la qualité de l’air. S’il s’agit d’une petite victoire, celle-ci contraste avec une hausse non négligeable de la consommation de plastique.

Des effets positifs et négatifs

Partout dans le monde, les épisodes de confinement et autres mesures sont à l’origine de baisses spectaculaires des émissions de CO2. En Inde, en avril 2020, l’Himalaya était visible jusqu’à 200 km de distance, du jamais vu depuis trois décennies. Toutefois, ces augmentations de la qualité de l’air sont évidemment provisoires. Après le confinement en Chine par exemple, les niveaux de pollution ont explosé dans le pays.

L’Agence européenne de l’environnement (EEA) a publié un communiqué le 5 novembre 2020. Le document évoque les effets multiples sur l’environnement des mesures contre le coronavirus. Le principal point positif concerne une baisse de la concentration de dioxyde d’azote (NO2) au mois d’avril 2020 dans des pays comme l’Espagne (61 %), la France (52 %) ainsi que l’Italie (48 %). Cependant, les chercheurs soulignent également une hausse de la consommation de plastique.

La pandémie de Covid-19 et les restrictions imposées pour lutter contre la propagation de la maladie ont eu des effets positifs à court terme sur l’environnement en Europe. Cependant, il y a eu des conséquences négatives telles que l’utilisation accrue de plastiques à usage unique“, peut-on lire dans le communiqué.

masque rivière
Crédits : tataks / iStock

Une dépendance accrue au plastique

Les auteurs parlent même d’une dépendance accrue aux plastiques à usage unique. Celle-ci s’explique par les nouvelles exigences d’hygiène, notamment en matière d’équipements de protection individuelle. Citons notamment les masques, blouses, gants et autres désinfectants pour les mains. Or, cette hausse soudaine de la demande en plastique contribue à une augmentation de la pollution atmosphérique et des émissions de gaz à effet de serre (GES).

L’Union européenne a déjà fait certains efforts pour réduire ses pollutions plastiques. Néanmoins, la hausse de la demande pourrait remettre en question ces mêmes efforts. De plus, le prix du pétrole historiquement bas depuis début 2020 joue également un rôle. En effet, la fabrication de produits en plastique est beaucoup moins onéreuse. Malheureusement, l’utilisation de matériaux vierges (fossiles) est devenue plus économique que l’intégration de matériaux recyclés.

Durant l’été, nous évoquions la présence de masques et des gants sur les plages et les berges de sept grands fleuves européens. La Fondation Tara rappelait que les masques chirurgicaux sont composés de polypropylène. Il s’agit d’un dérivé du pétrole non biodégradable et très compliqué à recycler. Ce constat était préoccupant dans la mesure où les chercheurs avaient mentionné une rapide fragmentation de ces objets, occasionnant la présence de microplastiques dans les eaux.