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Covid-19 : les employés des stations d’épuration travaillent dans des conditions difficiles

Crédits : WFranz

Depuis le début du confinement en France, les employés des stations d’épuration sont fidèles au poste. Cependant, une enquête révèle que leurs conditions de travail sont difficiles. Les employés n’ont pas de masques de protection et ne sont pas informés des risques de contamination.

Une incertitude sur les risques d’infection

L’assainissement des eaux pourrait être considéré comme un secteur vital. En effet, l’eau potable est tout simplement indispensable à la vie humaine. Depuis le confinement en France, les travailleurs des stations d’épuration font face à des conditions difficiles, comme l’explique une enquête publiée par Reporterre le 20 avril 2020. Alors que la majeure partie de la population est en confinement, les agents et techniciens des stations sont à leur poste. Pour eux, le fait d’être mobilisés est un mince souci face au fait de ne recevoir aucune information sur les risques de contamination.

Il faut savoir que le Covid-19 peut être présent dans les selles, des selles qui se retrouvent ensuite dans les 21 474 stations d’épuration du pays. Pour l’heure, il est impossible de connaître la capacité de survie du Covid-19 dans les eaux usées. Rien non plus en ce qui concerne les risques de contamination potentiels. Le fait est qu’aucune étude n’a été réalisée pour le moment.

Vigilants malgré la pénurie de masques

Les personnes en charge des stations ont reçu des recommandations par e-mail. Il s’agit notamment d’éviter les contacts humains en limitant les travaux de maintenance. En revanche, il s’agit aussi de porter des équipements de protection, tels que les masques FFP2. Or, ces masques sont quasiment impossibles à obtenir en ce moment. À Colmar par exemple, la station de la ville attend sa commande de masques FFP2 depuis plus d’un mois. En attendant, les employés utilisent des masques périmés datant de l’épidémie de grippe H1N1 de 2009 ! Néanmoins, ces derniers font partie des plus chanceux puisqu’en général les travailleurs doivent faire avec une absence totale de masques.

Par ailleurs, les employés des stations n’ont pas attendu le coronavirus pour faire attention aux maladies. En effet, le personnel travaillant dans l’assainissement est habituellement davantage exposé aux syndromes respiratoires, pseudo-grippaux et gastro-intestinaux. Effectivement, les micro-organismes responsables de ces maladies sont présents dans ces eaux. Ainsi, il apparaît logique que l’incertitude autour du Covid-19 soit difficile à supporter.

masque FFP2
Crédits : fernandozhiminaicela / Pixabay

Ne pas jeter les lingettes dans les toilettes

Enfin, les travailleurs font face à un autre problème. Rappelons que les eaux usées passent par des filtres dégrilleurs avant d’arriver dans les stations. Or, les lingettes, davantage utilisées pendant le confinement, bouchent les filtres encore plus souvent que d’habitude. Ainsi, il incombe de les nettoyer une fois par semaine au lieu d’une fois toutes les deux semaines en temps normal.

Le risque de contamination est alors accru puisque l’absence de masques se conjugue avec le fait que les employés doivent retirer leurs gants – trop épais – afin d’attraper les lingettes pour les retirer des filtres. Ces professionnels déplorent au passage que, malgré la communication sur le sujet, les gens continuent à évacuer leurs lingettes dans les toilettes.